PV Solaire Énergie

Catégorie : Energie solaire

  • [Entretien] Le CEA développe une technique de récupération du silicium et de l’argent dans les panneaux solaires en fin de vie

    En appliquant des techniques développées initialement pour le nucléaire, le CEA veut participer au développement de procédé de recyclage dans la filière photovoltaïque. pv magazine France s’est entretenu avec Virginie Basini, cheffe du service des technologies durables pour le cycle des matières au CEA, pour comprendre le potentiel et les perspectives industrielles de ces techniques qui permettent notamment d’extraire le silicium et l’argent des panneaux en fin de vie.La volonté européenne de créer une chaîne de valeur du photovoltaïque régionale se heurte au besoin important en matières premières de la filière. Dans un contexte de transition énergétique, le recyclage des matériaux à valeur ajoutée devient stratégique. C’est dans cette logique que le CEA a décidé de mettre à profit de la filière des énergies renouvelables ses compétences techniques et son innovation interne.
    «Le CEA déploie depuis plus de 60 ans une R&D dans un contexte d’économie circulaire, avec le cycle du combustible nucléaire qui s’inscrit dans cette logique de circularité », explique Virginie Basini, cheffe du service des technologies durables pour le cycle des matières au CEA, qui a répondu aux questions de pv magazine France sur le sujet. En appliquant des techniques développées initialement pour le nucléaire, le CEA veut participer au développement de procédé de recyclage dans les composants des infrastrucures et technologies d’énergies renouvelables. Pour le solaire photovoltaïque, le procédé de « délamination » par CO2 supercritique de l’agence permet par exemple d’extraire le silicium et l’argent des panneaux en fin de vie.
    pv magazine France : pouvez-vous expliquer en quelques mots quelle technique est mise en place par le CEA pour extraire le silicium et l’argent des panneaux solaires en fin de vie ?
    Virginie Basini : Un module photovoltaïque est composé de divers éléments : de verre, d’une cellule PV encapsulée dans un polymère (EVA : éthylène-acétate de vinyle) et d’une feuille arrière (backsheet). Il est également composé de métaux critiques (argent, cuivre) ou stratégiques (silicium métal) dont l’Europe ne maîtrise pas pleinement la production. Le recyclage correspond donc à séparer ces éléments constituant les modules PV afin de les valoriser dans une logique d’économie circulaire.
    Dans cette optique, le CEA étudie un procédé de « délamination » par CO2 supercritique, état aux propriétés intermédiaires entre liquide et gaz obtenu quand il dépasse son point critique à 31°C et 73,8 bars de pression. Sous cette forme, le CO2 va pénétrer dans les solides, notamment le polymère qui encapsule la cellule PV en silicium, et dès lors que les chercheurs effectuent une dépressurisation, le CO2 présent dans le polymère encapsulant, va retrouver une forme gazeuse et le polymère va alors se mettre à gonfler et mousser. Cette déformation entraîne la séparation des différentes couches du module PV qui peuvent ainsi être récupérées individuellement.
    Quels sont les taux de recyclage/récupération atteints actuellement ?
    Aujourd’hui, une directive impose 80% en masse de recyclage des matières présentes dans un panneau photovoltaïque. Ce taux correspond principalement au poids du cadre en aluminium et le verre en face avant (75 %), qui sont des matières avec peu de valeur. L’enjeu est donc de développer des solutions technologiques permettant l’accès aux matériaux de plus haute valeur comme l’argent (<1 %) ou le silicium (5 %). C’est pourquoi, au-delà de la séparation par délamination, le CEA développe également des procédés telle que l’hydrométallurgie, pour récupérer avec une très grande efficacité (>90 %) l’argent présent en quantité de plus en plus faible dans les cellules.
    Quelle est la qualité des matières recueillies ?
    L’argent, qui représente moins de 1 % du panneau photovoltaïque, représente pourtant plus de 30 % de sa valeur. Tout l’enjeu du recyclage est donc de garantir une pureté maximum de cette matière de haute valeur afin de permettre son réemploi. C’est également le cas pour le silicium, dont la majorité récupérée pourrait s’orienter vers les filières du silicium haute pureté utilisé dans la microélectronique ou le photovoltaïque. Le verre, qui reste intact après la délamination, peut aussi être recyclé dans la filière du verre plat.
    Est-ce qu’une filière de réutilisation est en développement ? Si oui, quand pourrait-on voir l’industrialisation du procédé ?
    S’il n’existe pour l’instant pas de filière officielle pour la seconde vie des panneaux, une forte augmentation de ce type d’usage est attendue dans les prochaines années. Une filière industrielle émerge en Auvergne Rhône-Alpes au travers de la future société Solreed qui a été créée en 2023 par un essaimage CEA. La start-up organisera une alliance d’acteurs privés, publics et ESS pour mettre en œuvre cette nouvelle filière.
    Quelle est la feuille de route de la stratégie d’économie circulaire présentée par le CEA et quels sont les enjeux de cette filière, en particulier en ce qui concerne le solaire photovoltaïque ?
    La production d’énergie photovoltaïque a dépassé les 1000 TWh en 2021, en forte croissance, supérieure à 20 à 30 % par an. La production mondiale de cellules PV (230 GW en 2022) doit tripler pour atteindre 600 GW d’ici 2040 (scenario NZE de l’IEA). De plus, la grande majorité (plus de 95 %) des panneaux PV sont à base de silicium (5 %), d’argent (<1 %) et de cuivre (1 %). Le silicium et le cuivre sont respectivement des matériaux stratégiques et critiques identifiés par l’Europe en 2023. Nous sommes donc face à deux enjeux : il faut améliorer la performance des PV pour augmenter la production d’électricité tout en réduisant la quantité de matériaux ou en les substituant par des composants moins critiques. La réduction de l’argent utilisé lors de la métallisation des cellules solaire est un axe majeur de recherche. Actuellement la teneur d’argent est de 25 mg par Wc, on vise les 15 mg/Wc en 2030, selon la roadmap internationale, et des solutions sont actuellement à l’étude pour atteindre 10 par Wc, et ceci sans perte de rendement cellule.

  • Le Nigéria se dote d’une usine d’assemblage de modules solaires

    Auxano Solar a inauguré une usine d’assemblage de panneaux solaires d’une capacité de 100 MW à Ibeju Lekki, dans la mégalopole de Lagos au Nigéria. Le projet a été initié en 2016 et a bénéficié d’un financement de 2 millions de dollars (1,9 million d’euros).Le groupe Auxano Solar a inauguré sa nouvelle usine d’assemblage de panneaux solaires photovoltaïques à Lagos au Nigéria le 28 septembre dernier. Le fournisseur de solutions solaires a affirmé avoir mis en place une capacité de 100 MW sur son site industriel d’Ibeju Lekki, une localité située tout au sud de la mégalopole.
    Le projet a été lancé en 2016 avec, dans un premier temps, la mise en place d’une usine de production semi-automatisée de 10 MW. Il a pris un tournant concret en 2020 avec un financement de la société d’investissement All On, qui fait partie du groupe pétrolier Shell. La subvention initiale de 50 000 dollars (47400 euros), versée dans le cadre du programme USADF Offgrid, a ensuite été portée à 2 millions de dollars (1,9 millions d’euros) pour lancer les travaux de construction.
    « Notre objectif est de pénétrer le marché nigérian avant de nous diriger vers l’exportation de l’énergie solaire photovoltaïque vers les pays voisins, a déclaré à la presse locale Chuks Umezulora, co-fondateur et PDG d’Auxano Solar lors de l’inauguration. Notre offre s’adresse à la fois au secteur formel – les entreprises solaires actives dans les mini-réseaux, aux fournisseurs solaires commerciaux et industriels – et au secteur informel – les importateurs de panneaux solaires destinés à la revente. » Aux mêmes interlocuteurs du journal Business Day, Wiebe Boer, président de l’Université Calvin, a déclaré que l’absorption de la production de 100 MW par le marché pourrait se traduire par une croissance renouvelable au Nigeria et en Afrique.
    L’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA) a estimé que le Nigeria disposait de 33 MW d’énergie solaire connectée au réseau à la fin de 2021 et que les énergies renouvelables pourraient répondre à 60 % de la demande énergétique du pays d’ici 2050.

  • Des images satellite haute résolution pour la détection des systèmes solaires résidentiels

    La société américaine Maxar Technologies a utilisé des images satellite d’une résolution de 31 cm à 15,5 cm pour identifier les systèmes photovoltaïques installés sur les toits dans le sud de l’Allemagne. L’entreprise affirme que sa nouvelle approche a permis d’identifier 97,8 % des réseaux solaires avec un niveau de confiance élevé.D’après pv magazine International
    Des chercheurs de la société américaine de technologie spatiale Maxar Technologies ont créé un nouvel ensemble de données pour la détection des systèmes photovoltaïques résidentiels en utilisant l’imagerie satellitaire à haute résolution. L’ensemble de données a été présenté dans l’étude “A solar panel dataset of very high-resolution satellite imagery to support the Sustainable Development Goals” (Un ensemble de données sur les panneaux solaires d’imagerie satellite à très haute résolution pour soutenir les objectifs de développement durable), publiée dans scientific data.
    « Cet ensemble de données peut être utilisé indépendamment ou en conjonction avec des ensembles de données d’imagerie non satellitaires plus importants pour produire des modèles de détection robustes capables de généraliser à travers les types d’images, ont expliqué les scientifiques. Il pourrait mieux soutenir l’utilisation de l’imagerie satellitaire pour détecter et surveiller rapidement les installations de panneaux solaires à l’échelle résidentielle, ce qui permettrait aux chercheurs et aux décideurs politiques de répondre aux besoins de diverses applications.
    La cartographie contient 2 542 systèmes photovoltaïques situés dans le sud de l’Allemagne. Les chercheurs ont expliqué qu’ils avaient choisi cette région en raison de la forte concentration de systèmes photovoltaïques résidentiels et commerciaux. Après avoir acquis des images de la zone, ils ont choisi au hasard trois zones dans la région sélectionnée et ont utilisé un logiciel pour identifier les réseaux photovoltaïques.
    Ils ont annoté manuellement les panneaux solaires individuels et, afin de vérifier leur identification, ils ont comparé leurs résultats aux images de Google Earth, qui offre des images à plus haute résolution. Les objets ne comportant potentiellement qu’un ou deux modules solaires, accolés ou séparés, ont été considérés comme des objets sans panneaux, tels que des puits de lumière, des bouches de ventilation et des cheminées.
    « Au total, 2 487 objets de type panneau solaire, soit 97,8 %, ont été identifiés avec un degré de confiance élevé, ont comptabilisé les universitaires. Moins de 3,0 % des panneaux solaires ont été identifiés avec un niveau de confiance moyen ou faible ». Selon les scientifiques, ce nouvel ensemble de données peut être utilisé soit pour développer des modèles de détection applicables uniquement à l’imagerie satellitaire, soit en conjonction avec des ensembles de données d’imagerie aérienne par panneaux solaires existants pour soutenir des modèles de détection généralisés.

  • Pollestres (66) s’engage pour un avenir durable

    La centrale photovoltaïque installée au centre technique municipal de Pollestres, a été inaugurée ce jeudi, par le maire Jean-Charles Moriconi en compagnie de nombreuses personnalités présentes. Cette réalisation innovante, couvrant une surface de 1500 m2, fonctionne en autoconsommation collective et alimente ainsi en électricité nos bâtiments communaux, tels que la mairie, la crèche, la salle polyvalente, la cantine, la salle de judo et les locaux associatifs.
    Ce projet a été rendu possible grâce à la collaboration entre la commune et Apex Énergie, et le soutien d’un cabinet de conseil en énergie partagée.
    Les avantages sont concrets. L’investissement initial et la maintenance des installations sont entièrement portés par Apex Énergie, entreprise privée, sur la durée de la concession de 20 ans. Outre l’effacement de 40% de sa facture énergétique, la commune récupèrera chaque année un bénéfice net.
    Cette inauguration marque un pas supplémentaire dans les efforts de la commune en matière de développement durable et d’éco-responsabilité. Cela s’inscrit dans la continuité des actions déjà menées telles que le remplacement du parc d’éclairage public par du LED, l’installation d’éclairage photovoltaïque dans des zones comme le quartier Olympeo et le long de la piste cyclable reliant Pollestres à Canohès.
    Nous tenons à remercier Apex Énergie pour son soutien depuis le début de ce projet en 2021. La centrale a été mise en service ce mardi 3 octobre.
    Une inauguration spéciale à portée pédagogique faisant participer les élèves de CM1-CM2 de Pollestres, qui ont pu en apprendre davantage sur le photovoltaïque et les énergies renouvelables.
    Étaient présents : M. Yohann Marcon, secrétaire général de la préfecture des P-O, Mme Del Poso Carole, sénatrice remplaçante de Jean Sol, Mme Eliane Jarycki, conseillère régionale représentant Mme Carole Delga, Mme Raphaëlle Vienot, directrice adjointe de l’AREC, l’équipe municipale, le directeur général des services M. Pierre Contet, ainsi que le personnel municipal. Mme Florence Tridon de Ray, dirigeante de Minearth, cabinet de conseil en énergies partagées, M. Jan Becker, directeur adjoint Enedis, M. David Emsellem, directeur grands comptes chez Apex Energies, et l’ensemble des équipes Apex, Messieurs les représentants des communes de Saleilles et Saint-Hippolyte, ainsi que Mme Ferron, directrice de l’école primaire de Pollestres, et des représentants des associations de Pollestres.
        

  • TSE approvisionnera la coopérative agricole Agrial en électricité décarbonée via un CPPA* de 31MWc

    TSE, producteur et développeur d’énergie solaire en France et Agrial, Coopérative agricole et agroalimentaire française, annoncent la signature d’un contrat d’approvisionnement d’électricité, un Corporate Power Purchase Agreement (CPPA) pour 31 MWc d’énergie solaire sur une durée de 20 ans.
    Ce contrat repose sur l’achat d’électricité produite par deux centrales solaires de TSE :
    Une centrale située en Haute-Marne d’une puissance de près de 25 MWc, mise en service prévue fin 2024.
    Une centrale située dans la Manche d’une puissance de 6 MWc, mise en service prévue en 2027.
    Ces deux centrales seront installées sur du foncier dégradé non agricole. Le contrat, d’une puissance totale d’environ 31 MWc, permettra une production annuelle d’environ 36 GWh, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de 15 000 habitants.
    Cet approvisionnement en électricité décarbonée s’inscrit dans le cadre du Plan Climat 2035 Agrial, qui vise notamment à réduire de 50% ses émissions énergétiques de gaz à effet de serre, et représentera entre 10 et 15% de la consommation d’électricité française de la Coopérative. En complément de démarches de sobriété et de projets d’investissements structurants, l’approvisionnement en énergie verte, a fortiori française, est l’un des piliers de la démarche climatique d’Agrial.
    « Nous sommes très heureux d’annoncer la signature de ce nouveau CPPA et nous remercions Agrial pour sa confiance. Avec ce 3ème CPPA signé en quelques mois, TSE démontre son positionnement d’acteur incontournable de l’énergie solaire » précise Mathieu Debonnet, président de TSE.
    A propos de TSE
    TSE est un producteur indépendant français d’énergie solaire présent sur l’ensemble de la chaine de valeur. Son parc en exploitation est composé de 18 centrales solaires soit l’équivalent de la consommation électrique de 130 000 habitants. En septembre 2021, TSE a inauguré́ la deuxième plus grande centrale photovoltaïque de France, située à Marville, dans la Meuse d’une puissance installée de 150 MWc pour une surface de près de 150 ha. ​
    Avec une solution totalement innovante d’ombrière agricole, TSE est également un des leaders de l’agrivoltaïsme et a inauguré́ en septembre 2022 sa première canopée agricole, innovation mondiale, à Amance, en Haute-Saône sur une parcelle de grandes cultures. ​
    En avril 2023, TSE a levé 130 millions d’euros en capital afin de renforcer son développement.​
    En mai 2023, TSE a annoncé sa participation dans le consortium Holosolis qui a pour projet la construction d’une gigafactory photovoltaïque à Sarreguemines. Avec une capacité de production de 5 GW par l’an, l’usine produira, en rythme de croisière, 10 millions de panneaux photovoltaïques soit l’équivalent des besoins énergétiques d’un million de foyers.
    À propos d’Agrial
    Agrial est une entreprise coopérative agricole et agroalimentaire française qui accompagne au quotidien ses agriculteurs adhérents pour valoriser et commercialiser leurs productions. S’appuyant sur des marques fortes, le Groupe dispose de 100 sites de production implantés dans 11 pays et développe des activités agroalimentaires dans les domaines du lait, des légumes et fruits frais, des boissons et des viandes. Entreprise engagée, Agrial développe une agriculture responsable et performante et propose aux consommateurs une alimentation sûre, saine et savoureuse. Ensemble, les 12 000 agriculteurs adhérents et les 22 000 salariés d’Agrial incarnent les valeurs de l’entreprise : pérennité, proximité, solidarité et audace. En 2022, le Groupe a réalisé 7,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
    *Corporate Power Purchase Agreement : il s’agit d’un contrat d’achat d’électricité entre deux parties, à savoir un producteur d’électricité (verte) et un acheteur de cette électricité, tel qu’un consommateur ou un négociant en électricité. Un PPA contient tous les termes et conditions de l’accord, tels que la quantité d’électricité à fournir, le prix négocié, qui supporte quels risques, la comptabilité requise et les pénalités si le contrat n’est pas respecté.
        

  • L’Italie lance un 13è appel d’offres pour les énergies renouvelables

    L’Italie a lancé sa 13e vente aux enchères d’énergies renouvelables, les autorités précisant que le processus de passation des marchés tiendra compte de l’inflation. Les développeurs pourront soumettre leurs offres à partir du 18 octobre.D’après pv magazine international.
    Gestore dei Servizi Energetici (GSE), l’agence italienne de l’énergie, a lancé la 13e vente aux enchères du pays pour les projets d’énergie renouvelable d’une taille supérieure à 1 MW. Elle a déclaré que le nouvel appel d’offres tiendrait compte des niveaux d’inflation actuels.
    « En application du décret législatif 57/2023 concernant les mesures urgentes pour le secteur de l’énergie, pour la treizième vente aux enchères d’énergie renouvelable, les valeurs tarifaires seront mises à jour en se référant à l’indice national des prix à la consommation, afin de tenir compte de l’inflation moyenne cumulée d’août 2019 à septembre 2023 », a déclaré l’agence.
    Les développeurs intéressés pourront soumettre leurs propositions de projet à partir du 18 octobre.
    Pour rappel, lors de la 12e vente aux enchères d’énergies renouvelables, qui s’est achevée début octobre, les autorités italiennes ont attribué 48 MW d’énergie solaire installée et 10 MW de capacité éolienne. Les développeurs ont consenti des rabais allant de 2 % à 2,1 % par rapport au prix plafond de 0,065 €/kWh prévu pour la vente aux enchères (0,068 €/kWh). L’offre la plus basse, à 0,0636 €/kWh, concernait une installation solaire de 9,7 MW dans la province de Campobasso, dans le sud de l’Italie.
    Lors du 11e exercice de marché, la GSE a attribué 149 MW de capacité solaire répartis sur 16 sites et cinq projets éoliens d’une capacité combinée de 213,8 MW. Les développeurs avaient soumis des offres avec une décote allant de 2 % à 2,8 % par rapport au prix plafond de l’enchère. Ces offres étaient légèrement supérieures ou égales à celles de la 10e vente aux enchères d’énergie renouvelable et de toutes les actions précédentes.

  • Après la Suède, l’IPP français Smart Energies entre sur le marché solaire finlandais

    Le développeur a fait l’acquisition de deux sociétés de projet finlandaises, détenant quatre centrales solaires en développement de 8 MWc. Il a aussi signé un accord de co-développement avec l’acteur Aurinkokarhu sur des actifs au sol d’une capacité unitaire allant de 1 à 3 MWc .Après la Suède en mai dernier, le développeur de projets photovoltaïques Smart Energies poursuit son développement dans les pays du nord de l’Europe, avec l’acquisition de deux sociétés de projet finlandaises, détenant en tout quatre centrales solaires en développement, représentant une capacité de 8 MWc. Cette opération est assortie de la signature d’un accord de co-développement pour des projets au sol d’une capacité unitaire de 1 à 3 MWc avec un acteur du solaire local Aurinkokarhu. L’objectif des deux partenaires est de porter la capacité totale du portefeuille à 30 MWc prêts à construire dans les mois à venir. Ces actifs seront situés au sud et à l’ouest de la Finlande.
    Présent également en France, en Italie et en Grèce, Smart Energies détient et exploite actuellement plus de 450 sites solaires en Europe pour une capacité installée totale de 130 MWc. Spécialisé dans le solaire distribué, l’IPP ambitionne d’ici à 2026 d’atteindre 500 MW de puissance installée sur près de 1 000 sites. « Ce partenariat avec Aurinkokarhu marque une étape importante dans nos objectifs européens de développement de centrales photovoltaïques. Nous sommes convaincus du fort potentiel solaire finlandais et nous sommes ravis de contribuer à son développement. Par ailleurs, nous restons fidèles à notre mission qui consiste à minimiser notre impact foncier en nous concentrant sur des terrains dégradés tels que d’anciennes fermes d’élevage d’animaux à fourrure ou décharges, afin d’y développer de futurs projets », détaille Alexandre Pajot, Directeur du Développement International chez Smart Energies.
    De son côté, Aurinkokarhu possède un portefeuille de projets d’environ 1 GW. Au total, dix grands projets solaires seront développés au cours des prochaines années, avec une capacité totale prévue d’environ 500 MW et une valeur d’investissement estimée à environ 300 millions d’euros.

  • Autoconsommation collective étendue: précision sur le périmètre d’une opération

    L’arrêté du 19 septembre publié au Journal Officiel du 7 octobre élargit le périmètre d’une opération d’autoconsommation collective étendu. Le rayon de la zone concernée est maintenu à 10 km en zone rurale et en zone périurbaine le rayon est désormais de 5 km. Voici le texte de l’article 1 de l’arrêté ainsi que le lien pointant sur le texte proprement dit.
    « Art. 1er. – L’article 1er bis de l’arrêté du 21 novembre 2019 susvisé est remplacé par les dispositions suivantes: « Art. 1er bis. – La personne morale organisatrice d’un projet d’autoconsommation collective étendue peut saisir le ministre chargé de l’énergie d’une demande motivée en vue d’obtenir une dérogation au critère de distance prévu à l’article 1er.
    «Cette dérogation peut être accordée à tout projet d’autoconsommation collective étendue dont l’ensemble des producteurs et des consommateurs participants sont situé exclusivement sur une ou plusieurs communes rurales ou périurbaines du territoire métropolitain continental dans la limite d’une distance séparant les deux participants les plus éloignés de dix kilomètres.
    «Pour les projets d’autoconsommation dont l’ensemble des producteurs et des consommateurs participants sont situés exclusivement sur une ou plusieurs communes rurales, la dérogation est accordée à tout projet en faisant la demande motivée et répondant aux critères du présent article et cette distance maximale peut être portée à vingt kilomètres.
    «Les communes pouvant être considérées comme présentant un caractère rural sont celles appartenant aux catégories “bourgs ruraux”, “rural à habitat dispersé” et “rural à habitat très dispersé” de la grille communale de densité établie par l’Institut national de la statistique, en vigueur à la date de la demande.
    «Les communes pouvant être considérées comme présentant un caractère périurbain sont celles appartenant aux catégories “petites villes” et “ceintures urbaines” de la grille communale de densité établie par l’Institut national de la statistique, en vigueur à la date de la demande.
    « La dérogation est valable pour la durée de vie de l’opération d’autoconsommation collective en objet, sous réserve que l’ensemble des producteurs et consommateurs y participant respectent la distance maximale autorisée et restent localisés sur l’une des communes listées dans la dérogation. »
    Le texte de l’Arrêté
        

  • Le soleil brille sur le paysage français des contrats d’achat d’électricité pour les entreprises

    Le paysage énergétique européen évolue, et la France émerge comme un acteur notable dans le domaine des contrats d’achat d’électricité (PPA) solaires pour les entreprises. Mais le soutien du gouvernement est essentiel pour libérer tout le potentiel de ce marché. Pour pv magazine, le cabinet d’analyse des énergies renouvelables Enerdatics s’est penché sur les dynamiques et les perspectives de développement des PPA en France.Le paysage énergétique européen évolue, et la France se profile comme un acteur notable dans le domaine des contrats d’achat d’électricité (PPA) solaires pour les entreprises. Le marché a connu sa première vague d’accords d’achat d’énergie solaire pour les entreprises en 2019, avec un PPA de 25 ans contracté par la société de distribution Boulanger qui signait avec Voltalia pour 5 MW d’électricité verte. Récemment, cependant, une augmentation significative de ces contrats a été observée dans tout le pays. Enerdatics considère que la France n’est plus seulement un marché émergent, mais aussi un marché qui progresse rapidement en matière d’accords d’achat d’énergie solaire.
    Nos données révèlent que le pays a enregistré 1,4 GW de PPA solaires depuis le début de 2021. Ce résultat place le pays en deuxième position après l’Espagne, qui occupe la première place dans le paysage des PPA en Europe. En outre, le rythme auquel l’activité PPA progresse en France lui a permis de dépasser plusieurs marchés d’Europe occidentale, dont l’Allemagne (1,1 GW) et le Royaume-Uni (500 MW), soulignant son potentiel de croissance future.

    La hausse de la volatilité des prix et le développement des capacités : des leviers de croissance pour les PPA solaires
    Historiquement, la France a bénéficié de prix de l’électricité stables, en grande partie grâce à sa dépendance à l’égard de l’énergie nucléaire. Les grandes entreprises industrielles et technologiques s’approvisionnaient en électricité auprès des compagnies d’électricité sans avoir besoin de se prémunir contre d’éventuelles fluctuations des tarifs. De même, les développeurs de projets ont profité de subventions du gouvernement français, telles que le système des contrats pour la différence (CfD), pour vendre l’électricité produite aux distributeurs d’électricité.
    Cependant, la baisse spectaculaire du coût de l’énergie solaire au cours de la dernière décennie 2022, associée à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et aux arrêts de maintenance prolongés des installations nucléaires, a entraîné un changement de paradigme dans le paysage énergétique. Ces circonstances ont entraîné une hausse soudaine des tarifs de l’électricité et ont mis en évidence la sensibilité de la matrice énergétique française à la volatilité des prix, attirant ainsi l’attention du marché sur les PPA solaires.
    Conscients des avantages qu’ils présentent, de nombreux grands fournisseurs d’électricité en France ont commencé à s’orienter vers un modèle centré sur les PPA, qu’ils considèrent comme un moyen stratégique de faire face aux incertitudes de la tarification de l’électricité à long terme et d’assurer un approvisionnement régulier. Pour les développeurs de projets solaires, cette évolution a constitué une alternative intéressante aux voies traditionnelles d’accès au marché, leur permettant de conclure des contrats bilatéraux à des conditions mutuellement avantageuses.
    Cette transition a été renforcée par des obligations réglementaires plus strictes en matière de décarbonisation et par la pression exercée pour réduire les factures d’électricité, ce qui a incité plusieurs entreprises à signer des PPA afin d’atteindre leurs objectifs écologiques et d’accroître leur rentabilité.
    Les acheteurs industriels dominent l’activité ; le commerce de détail et les secteurs technologiques rattrapent leur retard
    Le secteur industriel a été à l’avant-garde du mouvement des PPA en France, porté par la contrainte de réduire les émissions et pour appuyer la croissance future sur l’énergie propre. Depuis le début de l’année 2021, les entreprises industrielles ont signé environ 800 MW de contrats d’achat d’énergie solaire, principalement pour des projets à des stades avancés de développement. Parmi ces accords figurent le contrat de 15 ans du Groupe Renault pour l’achat de 350 MW d’énergie solaire, celui de l’opérateur ferroviaire SNCF (260 MW), de la société minière Prony Resources (160 MW) et de l’entreprise automobile Faurecia (100 MW). La majorité de ces contrats sont d’une durée de 15 à 25 ans. Avec l’augmentation continue de la demande d’énergie, le secteur industriel devrait conserver sa position de leader sur le marché.
    Les efforts récents du gouvernement, y compris via la création récente d’un fonds de garantie en collaboration avec Bpifrance, sont destinés à protéger à la fois les acheteurs et les fournisseurs industriels des risques typiques associés à ce type d’accords. Le but est de promouvoir un accès plus large à l’énergie propre par le biais d’accords d’achat d’électricité, en particulier pour les petits développeurs et les acheteurs commerciaux et industriels dont la cote de crédit peut être plus faible.

    Le secteur de la distribution en France a fait des progrès notables sur le marché des PPA, en signant plus de 200 MW d’énergie solaire depuis 2021, dont une grande partie au cours de l’année écoulée. Des acteurs majeurs, dont Les Mousquetaires (avec 124 MW), E.Leclerc (avec 31 MW), et L’Oréal (avec 27 MW), ont conclu des contrats d’achat cette année, ouvrant ainsi la voie à d’autres enseignes de la distribution. Étant donné que les nouveaux projets solaires offrent de nouvelles perspectives de PPA et que la demande de sources d’énergie propres reste stable, le secteur de la distribution devrait établir une présence significative sur le marché dans les années à venir.
    Le secteur technologique devrait également avoir un impact significatif sur le marché français des PPA solaires en raison de son implantation croissante dans le pays qui s’accompagne d’une augmentation des activités à forte consommation d’énergie. Des entreprises comme Digital Realty, Telehouse et Data4 Group ont par exemple annoncé leur intention de construire de nouveaux centres de données, lesquels nécessiteront une alimentation électrique constante et substantielle – un élément qui pourrait se traduire par une augmentation des PPA.
    Défis, perspectives d’évolution et prévisions
    Bien que la France possède les éléments fondamentaux pour être un leader dans les années à venir, plusieurs défis doivent être surmontés pour réaliser pleinement ce potentiel. L’un des principaux obstacles est le manque d’accords d’achat d’électricité accessibles aux petites entreprises. Alors que les grandes entreprises peuvent facilement conclure des contrats à long terme grâce à leurs ressources financières, les petites entreprises rencontrent des difficultés en raison de leur capacité limitée et de leur avenir incertain. En outre, les petits développeurs de projets solaires n’ont pas le soutien financier des grandes entreprises, et il leur est donc plus difficile de conclure des contrats d’achat d’électricité avec les grands comptes.
    Cependant, Enerdatics émet des perspectives positives, suggérant que les PPA pourraient jouer un rôle important dans l’avancement des ambitieux plans d’expansion de l’énergie solaire en France. Cet optimisme s’appuie sur les récents ajustements politiques du gouvernement français, tels que le projet de loi sur l’accélération des énergies renouvelables, qui fournit un cadre juridique pour la conclusion d’accords d’achat d’électricité, un processus qui n’était pas réglementé auparavant. Ce cadre impose une autorisation administrative aux producteurs souhaitant vendre de l’électricité et ouvre la possibilité de coupler les PPA avec des programmes d’aide financière publique. En outre, la législation permet désormais aux entités publiques de conclure des PPA dans le respect des règles relatives aux marchés publics et clarifie la compatibilité des PPA à long terme avec l’article L.2112-5 de la loi sur les marchés publics, qui limitait auparavant la durée des contrats en fonction de la nature du service et de la nécessité d’un appel d’offres régulier. Ces modifications législatives jettent les bases d’un marché des PPA plus robuste.
    Bien que ces changements ne garantissent pas à eux seuls une croissance constante, Enerdatics pense qu’ils encourageront les principales institutions financières à soutenir les projets à subvention zéro et faciliteront l’obtention de contrats d’électricité à long terme par les acheteurs. En conservant un optimisme prudent, il semble que le paysage devienne plus propice à la croissance envisagée par les acteurs du secteur.
    A PROPOS DES AUTEURS
    Hari Krishnan, Kshitij NR et Mohit Kaul sont respectivement analyste senior, chef de produit et fondateur d’Enerdatics.
    Enerdatics est une plate-forme d’intelligence de marché qui fournit des données, des informations et des analyses sur les transactions d’énergie renouvelable. La société propose des ensembles de données exhaustifs sur les fusions et acquisitions, les financements et les contrats d’achat d’électricité (PPA), complétés par des données granulaires sur les projets d’énergie renouvelable. Ceux-ci sont intégrés dans une base de données d’analyse à destination des équipes de stratégie d’entreprise et de fusions et acquisitions, les conseillers, les banques d’investissement et les sociétés de capital-investissement.