PV Solaire Énergie

Catégorie : Energie solaire

  • Ppe 3 : une feuille de route pour le solaire français entre réalisme économique et ambitions énergétiques

    Après une longue attente, le gouvernement a dévoilé la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE 3). Ce document stratégique, présenté par le Premier ministre Sébastien Lecornu, fixe les objectifs de développement des différentes filières énergétiques pour la France métropolitaine jusqu’en 2035. Pour le secteur photovoltaïque, la trajectoire annoncée marque un infléchissement par rapport aux dynamiques récentes, tout en offrant une visibilité saluée par les professionnels.

    Les nouveaux objectifs solaires : un rythme ralenti mais clarifié

    La PPE 3 retient un objectif de 48 gigawatts (GW) de puissance photovoltaïque installée d’ici à 2030, contre environ 20 GW fin 2025. Pour atteindre cette cible, le rythme de déploiement nécessaire est estimé à environ 3,5 GW par an. Cette trajectoire correspond au scénario R3 du gestionnaire du réseau de transport d’électricité, RTE.

    Ce cadrage représente un ralentissement significatif par rapport aux années 2024 et 2025, qui avaient vu un déploiement record avoisinant les 6 GW annuels. Ce recalibrage s’explique principalement par une prévision de croissance modérée de la consommation électrique et par la priorité accordée au développement du nucléaire. Néanmoins, le choix du scénario R3, plus ambitieux que l’option R2 (42 GW) qui était sur la table, est perçu comme un signal positif par la filière.

    Une visibilité retrouvée pour les développeurs et investisseurs

    Malgré la baisse des ambitions, l’annonce de la PPE 3 a été accueillie avec un certain soulagement par les acteurs du solaire. Après plusieurs mois d’incertitude et de blocage des appels d’offres, la fixation d’un cap clair permet de relancer la planification des projets.

    « Cette feuille de route redonne de la visibilité indispensable aux développeurs, aux investisseurs et à l’ensemble de la chaîne de valeur », a réagi le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER). Cette stabilité est également cruciale pour les projets industriels nationaux, comme les futures giga-usines de fabrication de panneaux solaires portées par Carbon et HoloSolis, dont le développement nécessite une perspective de marché à long terme.

    Les grands axes de la stratégie énergétique française

    La PPE 3 ne se limite pas au solaire et dessine une stratégie globale pour la transition énergétique de la France, articulée autour de plusieurs piliers.

    La priorité à l’électricité décarbonée et au nucléaire

    Contrairement à la PPE précédente, qui envisageait une réduction du parc nucléaire, la nouvelle programmation confirme la relance de la filière atomique. Elle acte la construction de six nouveaux réacteurs EPR2 et laisse la porte ouverte à huit supplémentaires. L’objectif est de porter la part des énergies bas-carbone dans la production d’électricité à 60% en 2030 et 70% en 2035.

    Parallèlement, le texte mise sur l’électrification massive des usages (mobilité, chauffage, industrie) pour réduire la consommation d’énergies fossiles, qui devrait passer d’environ 900 TWh aujourd’hui à 330 TWh en 2035.

    Les zones non interconnectées et l’agrivoltaïsme

    La PPE 3 réaffirme l’engagement de l’État envers les territoires insulaires (Corse, Antilles, Mayotte, etc.). Des consultations spécifiques seront relancées en 2026 pour adapter la transition énergétique à leurs contraintes et potentiels. Par ailleurs, la répartition des 48 GW de solaire entre les segments (toitures, centrales au sol, agrivoltaïsme) reste à préciser via les futurs appels d’offres de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE).

    Les défis en suspens : stockage et flexibilité

    Si la PPE 3 donne un cadre, plusieurs points cruciaux restent à affiner. Le principal angle mort identifié par les experts est l’absence d’objectif chiffré pour le stockage d’énergie. Alors que les projets de batteries se multiplient dans les files d’attente de RTE (13 GW), la programmation n’intègre pas de cible nationale à horizon 2030.

    « Le stockage et les mécanismes de flexibilité sont les grands oubliés de cette version, bien qu’ils soient essentiels pour accompagner le développement des renouvelables intermittentes », analyse Clément Le Roy, expert énergie chez Wavestone. La PPE 3 prévoit toutefois une clause de révision en 2027, qui pourrait permettre d’intégrer ces enjeux de manière plus explicite.

    La publication de la PPE 3 marque donc une étape importante, mais non conclusive. Elle fixe une trajectoire réaliste, quoique moins ambitieuse, pour le solaire, tout en réaffirmant la priorité donnée à une électricité décarbonée, portée par un mix renouvelable-nucléaire. La réussite de cette transition reposera désormais sur la concrétisation des outils de soutien et la capacité à adresser les défis du réseau et du stockage.

  • Énergie solaire résidentielle : Edilians et Solplanet lancent une offre clé en main

    Énergie solaire résidentielle : Edilians et Solplanet lancent une offre clé en main

    Le paysage français de l’autoconsommation énergétique s’enrichit d’une nouvelle solution intégrée. Edilians, fabricant historique de tuiles, et Solplanet</strong, fournisseur d’équipements électriques solaires, unissent leurs expertises pour proposer une offre solaire complète et clé en main dédiée aux maisons individuelles. Ce partenariat stratégique, annoncé lors du salon Nordbat à Lille, vise à répondre à la demande croissante des ménages et des professionnels pour des solutions fiables et simplifiées.

    Un partenariat stratégique pour une solution globale

    L’alliance entre Edilians et Solplanet est née d’une volonté commune de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur d’une installation photovoltaïque résidentielle. Elle associe le savoir-faire français en matière d’intégration architecturale et d’étanchéité à la technologie avancée de conversion et de stockage de l’énergie.

    • Edilians apporte son expertise de la toiture avec ses systèmes de fixation dédiés et ses tuiles photovoltaïques, garantissant une intégration esthétique et performante au bâti.
    • Solplanet fournit les composants électriques essentiels : onduleurs pour convertir le courant continu en courant alternatif, et systèmes de stockage par batterie pour maximiser l’autoconsommation.

    Comme l’a déclaré Eric Magistrello, directeur Europe du Sud de Solplanet, ce partenariat ouvre de nouveaux horizons commerciaux en s’appuyant sur le réseau de distribution et l’ancrage territorial solide d’Edilians. Pour en savoir plus sur les tendances du marché solaire européen, vous pouvez consulter les analyses de SolarPower Europe.

    Une réponse aux besoins du marché résidentiel actuel

    Cette offre arrive à un moment charnière pour le secteur. Elle répond à plusieurs évolutions simultanées :

    Rationalisation pour les professionnels du bâtiment

    Les couvreurs et installateurs recherchent des chaînes d’approvisionnement simplifiées et des garanties de compatibilité entre les composants. En proposant une solution packagée et un accompagnement technique, le partenariat vise à sécuriser les chantiers et à gagner en efficacité. L’ADEME propose d’ailleurs des ressources sur les bonnes pratiques pour l’intégration du photovoltaïque.

    Autoconsommation et indépendance énergétique pour les particuliers

    Avec la baisse progressive des tarifs de rachat de l’électricité, l’optimisation de l’autoconsommation devient un enjeu économique majeur pour les foyers. L’ajout d’une solution de stockage permet de consommer une plus grande part de l’énergie produite, même en dehors des heures d’ensoleillement, renforçant l’autonomie et la résilience énergétique du logement.

    Commercialisation et perspectives

    La commercialisation de cette offre solaire complète passera par le réseau de distribution historique d’Edilians, ciblant ainsi directement les professionnels de la toiture et de l’installation. Cette stratégie permet de garantir une mise en œuvre par des artisans qualifiés, un gage de qualité et de durabilité pour le client final.

    Ce lancement positionne Edilians non plus seulement comme un fournisseur de matériaux de couverture, mais comme un acteur à part entière de la transition énergétique des logements individuels. Pour Solplanet, c’est une étape importante dans le développement de sa présence sur le marché européen, en s’appuyant sur un partenaire industriel de renom.

  • Zendure inaugure une usine de pointe en chine pour booster la production de batteries solaires

    Zendure inaugure une usine de pointe en chine pour booster la production de batteries solaires

    Le fabricant de solutions énergétiques Zendure franchit une étape majeure dans son expansion industrielle avec l’inauguration officielle de sa nouvelle usine à Dongguan, en Chine. Ce site de production, le plus grand du groupe dédié aux batteries et onduleurs, vise à répondre à la demande croissante en solutions de stockage d’énergie résidentielles en Europe et dans le monde, tout en renforçant sa chaîne d’approvisionnement.

    Une usine high-tech pour une production de masse

    Implantée à une heure de Shenzhen, l’épicentre technologique chinois, cette usine moderne s’étend sur une superficie totale de 10 000 m², dont 6 000 m² sont entièrement dédiés aux lignes d’assemblage. L’objectif annoncé est ambitieux : atteindre une capacité de production d’un million d’unités par an. Cette montée en puissance doit permettre à Zendure de résorber les délais de livraison passés et de mieux servir des marchés dynamiques comme celui de la France.

    « Cette usine est le gage de notre engagement envers la qualité et le contrôle de chaque paramètre de fabrication », souligne Bryan Liu, PDG de Zendure. Le processus d’entrée dans les zones de production, qui impose le port d’une combinaison, d’une casquette et de surchaussures, illustre cette rigueur.

    Processus de fabrication : automatisation et précision laser

    Le cœur de la nouvelle usine bat au rythme de l’automatisation et des technologies de pointe, héritées en partie de l’industrie des véhicules électriques. La production des modèles phares SolarFlow 2400 Pro et SolarFlow AC+ suit un processus optimisé en plusieurs étapes clés :

    Contrôle et appariement des cellules

    Chaque cellule cylindrique, fournie par des partenaires, est d’abord rigoureusement testée. Les cellules validées sont ensuite triées et appariées automatiquement pour garantir une homogénéité parfaite des performances au sein de chaque module de batterie.

    Soudage laser de haute précision

    L’assemblage des cellules repose sur un soudage laser automatisé. Zendure utilise deux technologies avancées :

    • Le soudage par points en anneau, qui stabilise le bain de fusion et réduit les projections de plus de 20% par rapport aux lasers conventionnels.
    • Le soudage avec suivi en temps réel, où des capteurs contrôlent en continu les signaux réfléchis pour assurer la parfaite qualité de chaque connexion.

    Cette étape est cruciale pour la fiabilité et la longévité des batteries.

    Intégration de l’intelligence embarquée

    Le système de gestion de batterie (BMS) et l’ensemble des capteurs sont intégrés automatiquement. Cette « intelligence embarquée » permet à chaque unité de réaliser un suivi en temps réel de ses performances et une gestion optimisée de l’énergie.

    Tests finaux et emballage

    Avant l’expédition, chaque module subit une triple vérification : un test d’étanchéité à l’air, un test fonctionnel complet et une validation finale. L’usine est en train d’installer des équipements d’emballage automatisés pour finaliser le processus.

    Stratégie produit et focus sur le marché français

    Dans un entretien, Jolene Shang, Chief Marketing Officer (CMO) de Zendure, a détaillé la stratégie du groupe. L’entreprise propose désormais l’une des gammes les plus complètes du segment résidentiel « plug and play », couvrant des puissances de 800 W à 2 400 W.

    Concernant le marché français, en pleine croissance selon l’Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), Zendure adapte ses produits :

    • Le SolarFlow 2400 AC+ est présenté comme la solution de « retrofit » idéale pour les foyers déjà équipés de panneaux solaires, permettant d’ajouter du stockage sans modifier l’installation existante.
    • Le SolarFlow 2400 Pro, avec ses MPPT intégrés, est plus adapté aux nouvelles installations.

    « Le retour sur investissement pour un foyer français se situe généralement autour de trois à quatre ans », précise Jolene Shang.

    Un partenariat industriel stratégique avec han’s laser

    Cette expansion industrielle est soutenue par un partenariat stratégique. En juin 2025, Han’s Lasers, un leader des équipements laser et d’automatisation industrielle, a acquis 30% du capital de Zendure.

    « Ce n’est pas seulement un investissement financier », explique Jolene Shang. « Han’s Laser dispose de capacités industrielles importantes. Ce partenariat nous soutient dans l’automatisation de notre outil de production et renforce considérablement notre chaîne d’approvisionnement. » Ce rapprochement permet à Zendure de bénéficier d’une expertise de pointe en matière de fabrication précise et robotisée.

    L’inauguration de cette usine marque ainsi une nouvelle phase pour Zendure, qui positionne ses capacités de production et son innovation technologique au centre de sa stratégie pour conquérir le marché mondial du stockage d’énergie solaire.

  • Zendure révolutionne le stockage solaire avec l’intelligence artificielle et des tarifs dynamiques

    Zendure révolutionne le stockage solaire avec l’intelligence artificielle et des tarifs dynamiques

    Lors d’un événement dédié à la presse européenne à Shenzhen, Zendure a dévoilé sa nouvelle vision pour l’avenir du stockage d’énergie résidentiel. Le fabricant, pionnier des solutions plug-and-play pour balcon, mise désormais sur l’intelligence logicielle pour se démarquer dans un marché de plus en plus concurrentiel. Sa nouvelle génération de batteries SolarFlow ne se contente plus de stocker l’électricité ; elle orchestre un écosystème énergétique complet piloté par des algorithmes d’IA.

    La stratégie logicielle au cœur de la différenciation

    Alors que le matériel tend à se standardiser, Zendure opère un virage stratégique. La marque estime que la vraie valeur ajoutée pour les consommateurs réside désormais dans le logiciel. Ses nouveaux systèmes, intégrant un moteur d’IA propriétaire appelé Zenki 2.0, analysent en temps réel la météo, les habitudes de consommation du foyer et les tarifs de l’électricité pour optimiser automatiquement la charge et la décharge des batteries.

    « Le matériel reste essentiel pour la sécurité et la performance, mais la différenciation se joue sur le logiciel », confirme Jolene Shang, directrice marketing de Zendure. L’objectif est de transformer l’habitat en un écosystème énergétique intelligent et synchronisé.

    Hems 2.0 : le cerveau qui pilote toute la maison

    Le cœur de cette innovation est le HEMS 2.0 (Home Energy Management System). Cette plateforme ne gère plus uniquement la batterie, mais intègre et coordonne tous les flux énergétiques :

    • Panneaux solaires (en toiture ou de balcon)
    • Systèmes de stockage SolarFlow
    • Pompes à chaleur
    • Bornes de recharge pour véhicules électriques
    • Compteurs intelligents

    Cette architecture en trois couches (appareil, PaaS, SaaS) permet un suivi centralisé et une optimisation automatique des coûts, visant à améliorer le retour sur investissement de l’installation solaire.

    Zenwave : exploiter les variations des tarifs de l’électricité

    L’innovation logicielle culmine avec ZenWave. Ce système exploite les données de plus de 840 fournisseurs d’énergie européens pour charger les batteries lorsque les prix sont bas, voire négatifs, et privilégier l’autoconsommation ou la restitution au réseau lors des pics tarifaires. En France, il est déjà configuré pour s’adapter à des contrats comme le Tempo d’EDF, programmant les charges pendant les Heures Creuses des jours rouges.

    Présentation de la nouvelle gamme Solarflow

    Zendure étoffe son offre avec trois nouveaux modèles conçus pour différents besoins et budgets :

    Solarflow 2400 pro : la puissance maximale

    Système bi-directionnel AC de 2 400 W, piloté par IA. Idéal pour les installations sur balcon ou toiture puissantes, il peut gérer jusqu’à 4 800 W d’entrée. Prix à partir de 1 199 €.

    Solarflow 2400 ac+ : la solution de retrofit

    Conçu pour moderniser les installations photovoltaïques existantes sans changer les panneaux ou les micro-onduleurs. Capacité extensible jusqu’à 16,8 kWh. Prix à partir de 959 €.

    Solarflow 1600 ac+ : l’entrée de gamme accessible

    Solution à 1 600 W pour les petits foyers ou les extensions d’installation. Capacité extensible jusqu’à 11,5 kWh. Prix à partir de 719 €.

    Sécurité et connectivité avancées

    Le matériel n’est pas négligé pour autant. La gamme intègre la technologie ZenGuard, avec une architecture Dual BMS et un dispositif d’extinction automatique en cas de surchauffe. Côté connectivité, la compatibilité avec le protocole MQTT permet une intégration avancée dans les écosystèmes domotiques populaires comme Home Assistant ou Homey, s’inscrivant dans une logique d’habitat connecté et évolutif.

    En se repositionnant comme un fournisseur de système énergétique intelligent, Zendure signe l’entrée du stockage résidentiel dans une ère où l’avantage concurrentiel se construit sur la data, la prédiction et l’optimisation fine de chaque kilowattheure.

  • Centrale solaire de Rouen : Une innovation en ombrière photovoltaïque sur parking

    Centrale solaire de Rouen : Une innovation en ombrière photovoltaïque sur parking

    Centrale solaire Rouen : Une innovation en ombrière photovoltaïque sur parking

    La Métropole Rouen Normandie a inauguré une centrale photovoltaïque d’un nouveau genre, installée sur le parking du dépôt de bus des Deux Rivières. Réalisée par Eiffage Énergie Systèmes, cette installation de 618 kWc illustre la tendance croissante à valoriser les espaces urbains pour la production d’énergie renouvelable. Elle combine les fonctions d’ombrière et de toiture, offrant un modèle reproductible pour les collectivités et les entreprises.

    Les caractéristiques techniques du projet solaire

    Mise en service le 29 décembre dernier, cette centrale se compose de 1 388 modules bifaciaux JA Solar d’une puissance unitaire de 455 Wc. L’électricité produite est convertie par cinq onduleurs Huawei SUN2000 de 100 kVA. D’une puissance crête totale de 618 kWc, l’installation couvre une surface significative du parking, générant une énergie verte pour les infrastructures locales.

    Un calendrier de réalisation efficace

    Pilotée par le bureau d’études Artelia en maîtrise d’œuvre, la phase d’étude technique a précédé l’intervention des équipes d’Eiffage. Le délai entre la signature du contrat et la livraison finale a été d’un an, avec une phase de chantier active condensée sur quatre mois seulement. Ce délai maîtrisé démontre l’expertise des acteurs dans le déploiement de solutions photovoltaïques complexes.

    Un modèle économique vertueux pour la collectivité

    Financée à hauteur de 500 000 euros par la Métropole Rouen Normandie, cette centrale est exploitée par Transdev Rouen. La production couvre les besoins énergétiques de l’atelier mécanique et des bureaux attenants. Le surplus d’électricité est revendu à EDF Obligation d’Achat au tarif réglementé S21, générant ainsi des recettes supplémentaires et assurant la rentabilité de l’investissement. Ce modèle contribue directement à l’autonomie énergétique du territoire.

    Une innovation majeure : Le système d’intégration hybride

    La particularité de ce projet réside dans son système de montage, conçu pour s’adapter à une structure existante sans être ni une toiture classique, ni une ombrière standard. Comme l’explique Corentin Jumeaucourt, responsable chez Eiffage, l’objectif était de créer une couverture photovoltaïque stable et efficace.

    Une conception sur-mesure pour résister aux vents

    Le système retenu est le système de montage pour toiture plate Schletter, crapoté sur la charpente métallique. En collaboration avec le lot génie civil, les équipes ont conçu un système de rails perpendiculaires supportant des rangées jumelées de panneaux. Ces derniers sont orientés est-ouest avec une faible inclinaison, une configuration optimisée pour offrir une meilleure résistance aux contraintes du vent, tout en maintenant une production énergétique performante.

    Les perspectives pour les ombrières solaires en France

    Ce projet s’inscrit dans une dynamique nationale de développement des centrales solaires sur parking, encouragée par la réglementation. Il démontre qu’il est possible d’allier innovation technique, intégration architecturale et performance économique. Les ombrières photovoltaïques représentent un potentiel immense pour les parkings de grande surface, les zones commerciales ou les infrastructures de transport, transformant des espaces inertes en producteurs d’énergie.

    Pour en savoir plus sur les politiques de soutien aux énergies renouvelables, vous pouvez consulter le site du Ministère de la Transition Écologique.

  • Panneaux solaires au Maroc : une hausse des prix inévitable mais un marché dynamique

    Le secteur photovoltaïque marocain, en pleine expansion, fait face à un tournant tarifaire. La décision de la Chine de supprimer le remboursement de la TVA à l’exportation pour ses produits solaires, effective depuis le 1er avril, impacte directement les prix des équipements importés. Malgré cette pression à la hausse, les acteurs locaux font preuve de résilience et maintiennent leur optimisme, portés par un marché national extrêmement dynamique et des projets structurants d’envergure.

    L’impact de la mesure chinoise sur le marché marocain

    La suppression du remboursement de la TVA (généralement de 13%) par la Chine, premier producteur mondial de panneaux solaires, a des répercussions directes sur les coûts d’importation. Pour les distributeurs marocains, ce changement se traduit par un surcoût à l’achat. Comme l’explique Abderrahim El Ibrichi de Solarway by Disway, ce surcoût, incluant les frais de dédouanement, se situe entre 50 et 100 dirhams (environ 4,95 à 9,90 €) par panneau. Cette décision s’inscrit dans un contexte mondial de tensions sur les chaînes d’approvisionnement et les matières premières, affectant l’ensemble de la filière.

    La réaction des distributeurs et fabricants

    Face à cette nouvelle donne, les distributeurs marocains adoptent des stratégies d’adaptation.

    L’absorption partielle par les distributeurs

    Des acteurs majeurs comme Clearenergy ou Erra Energies indiquent jouer sur leurs marges pour amortir le choc et ne pas trop pénaliser leurs clients professionnels (installateurs et EPCistes). Ils se veulent rassurants quant à la stabilité des approvisionnements, un point crucial pour la continuité des projets. Leur priorité est de préserver la compétitivité d’un marché en forte croissance.

    La pression accrue sur les fabricants

    Pour les fabricants de modules, la situation est plus complexe. Fahmi Chine, responsable des ventes pour JA Solar en Tunisie et au Maghreb, témoigne d’augmentations de prix bien plus significatives, de l’ordre de 20 à 40%. Cette hausse est attribuée à un double effet : la mesure fiscale chinoise et l’envolée historique du prix des matières premières critiques comme le polysilicium, l’argent et le cuivre. Conséquence directe : la part de marché de certains grands fabricants asiatiques au Maroc aurait sensiblement diminué, les distributeurs cherchant potentiellement d’autres sources d’approvisionnement.

    Un contexte national porteur malgré les défis

    Si les prix connaissent une tension, les perspectives du secteur solaire marocain restent exceptionnellement positives. La demande, qualifiée de « très dynamique » par les professionnels, est tirée par les secteurs commercial et industriel, soucieux de réduire leur facture énergétique et leur empreinte carbone.

    L’annonce majeure récente est le lancement du programme « Solar Rooftop 500 ». Piloté par MASEN (l’Agence Marocaine pour l’Énergie Durable), ce plan ambitieux vise à déployer 500 MWc de capacité solaire sur les toitures des entreprises industrielles et tertiaires d’ici 2030. Ce cadre structurant offre une visibilité à long terme et confirme la volonté du Royaume d’accélérer sa transition énergétique, comme le détaille la stratégie nationale intégrée. Pour en savoir plus sur les objectifs énergétiques du Maroc, vous pouvez consulter le site du Ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable.

    Conclusion : une filière résiliente face aux turbulences mondiales

    La hausse des prix des panneaux solaires au Maroc, bien que réelle, apparaît comme un ajustement dans un parcours globalement ascendant. La résilience des distributeurs, couplée à une demande intérieure robuste et à un fort soutien politique via des programmes comme « Solar Rooftop 500 », permet d’absorber le choc. La filière photovoltaïque marocaine démontre ainsi sa maturité et sa capacité à naviguer dans les complexités du marché mondial tout en se concentrant sur son développement national. L’innovation et la diversification des sources d’approvisionnement seront des axes clés pour garantir la pérennité de cette croissance.

  • TSE renforce son leadership solaire en France avec l’acquisition de 108 mwc de projets



    Le développeur et producteur d’énergie solaire TSE annonce une série d’opérations stratégiques consolidant sa position sur le marché français. Ces acquisitions, représentant une capacité totale de 108 mégawatts-crête (MWc), comprennent le rachat total d’un véhicule d’investissement et l’acquisition de nouveaux projets « prêts à construire ». Cette démarche s’inscrit dans la stratégie de l’entreprise de devenir une plateforme de référence pour la consolidation du secteur photovoltaïque en France.

    Reprise de contrôle et acquisition d’actifs en exploitation

    Dans un premier temps, TSE a finalisé le rachat de la participation détenue par le fonds d’investissement Siloé Infrastructures dans TSE Finance 1. Cette opération permet à TSE de reprendre le contrôle intégral de ce véhicule, qui détient deux centrales solaires majeures déjà en service :

    • La centrale de Marville (Meuse) : Considérée comme l’une des plus grandes centrales photovoltaïques de France.
    • La centrale d’Oxelaëre (Nord) : Un projet de 18,4 MWc développé sur une ancienne friche ferroviaire de la SNCF, illustrant parfaitement la reconversion de terrains délaissés.

    Ces deux installations, désormais pleinement intégrées au patrimoine de TSE, représentent une puissance cumulée de 95 MWc et alimentent déjà le réseau électrique national en énergie renouvelable. Le développement de projets sur friches, encouragé par les pouvoirs publics, est un axe clé pour limiter l’artificialisation des sols, comme le rappelle le ministère de la Transition écologique.

    Développement du portefeuille avec des projets prêts à construire

    Parallèlement, TSE a enrichi son pipeline de développement en acquérant deux nouveaux projets photovoltaïques au sol, d’une capacité combinée de 13 MWc. Situés dans les régions Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes, ces projets sont au stade « prêts à construire ». Le lancement des travaux de construction est imminent. Une fois achevés, ils viendront renforcer le parc d’actifs en exploitation du groupe et contribuer à l’objectif national de développement des énergies renouvelables.

    Une stratégie de consolidation au service de la transition énergétique

    Avec un portefeuille de développement de 5 gigawatts (GW), TSE confirme son ambition de jouer un rôle structurant dans l’écosystème solaire français. L’intégration d’actifs en exploitation et de projets matures permet de créer des synergies significatives, tant sur le plan technique qu’opérationnel, avec les centrales développées en interne par ses équipes.

    « Ces acquisitions s’inscrivent pleinement dans notre stratégie visant à nous positionner comme une plateforme de consolidation du secteur photovoltaïque français. En intégrant des actifs en exploitation et des projets prêts à construire à son portefeuille, TSE génère des synergies avec les centrales développées en propre par ses équipes, tant sur le plan technique qu’opérationnel », a souligné Mathieu Debonnet, président de TSE.

    Cette croissance externe, couplée à un développement organique robuste, positionne TSE comme un acteur intégré majeur, capable de contribuer efficacement aux ambitions énergétiques de la France. Pour en savoir plus sur les objectifs de la France en matière d’énergies renouvelables, vous pouvez consulter le site de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).


  • Une batterie sodium-ion à base de lignine : une percée allemande pour un stockage durable

    Une équipe de chercheurs allemands a franchi une étape importante dans le domaine du stockage d’énergie en développant un prototype performant de batterie sodium-ion. L’innovation majeure réside dans l’utilisation d’un carbone dur dérivé de la lignine, un coproduit abondant de l’industrie du bois, pour constituer l’électrode négative. Cette avancée technologique promet de réduire la dépendance aux matières premières critiques comme le lithium et le cobalt, tout en ouvrant la voie à des solutions de stockage plus écologiques et économiques.

    La lignine : de déchet industriel à matériau d’avenir

    La lignine est un polymère organique complexe qui constitue l’un des principaux composants du bois, aux côtés de la cellulose. Jusqu’à présent, elle était principalement considérée comme un déchet ou un sous-produit de l’industrie papetière et de la production de biocarburants de seconde génération. Les chercheurs de l’Institut Fraunhofer pour les technologies céramiques et les systèmes (IKTS) et de l’université Friedrich-Schiller de Iéna ont su valoriser ce matériau biosourcé.

    Après un traitement thermique sous atmosphère inerte, la lignine se transforme en un carbone dur. Cette structure carbonée possède des propriétés idéales pour les batteries sodium-ion : une bonne conductivité électrique et des groupes fonctionnels « redox » actifs qui permettent de stocker et de libérer de manière réversible les ions sodium.

    Les performances prometteuses du prototype

    Les scientifiques ont assemblé des cellules de batterie d’une capacité de 1 ampère-heure (Ah) en utilisant cette électrode négative innovante. Les tests rigoureux, menés sur les sites de Fraunhofer IKTS et de l’université de Iéna, ont donné des résultats très encourageants.

    Stabilité et objectifs de durabilité

    Le prototype a subi avec succès 100 cycles complets de charge et de décharge sans montrer de dégradation significative de ses performances. « L’objectif est de démontrer 200 cycles pour la cellule complète de 1 Ah d’ici la fin du projet », explique Lukas Medenbach, coordinateur des travaux. Cette stabilité est un paramètre clé pour envisager une commercialisation future.

    Avantages et applications potentielles

    Cette technologie présente plusieurs atouts majeurs par rapport aux batteries lithium-ion conventionnelles :

    • Indépendance aux matières critiques : Elle utilise du sodium, abondant et peu coûteux, et de la lignine, un matériau renouvelable.
    • Durabilité accrue : La filière s’appuie sur la valorisation d’un coproduit industriel et des matières premières largement disponibles.
    • Sécurité améliorée : Les batteries sodium-ion sont généralement moins sujettes aux risques de surchauffe que leurs équivalents au lithium.

    Selon les chercheurs, cette technologie est principalement destinée au stockage stationnaire d’énergie (pour les énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien) et à certaines applications mobiles, contribuant ainsi à la transition énergétique.

    Un projet soutenu par l’industrie

    Ce projet de recherche bénéficie d’un solide soutien industriel, via un comité consultatif regroupant des entreprises spécialisées. Parmi elles, on trouve Mercer Rosenthal GmbH, qui fournit la lignine, ainsi que des sociétés comme Glatt Ingenieurtechnik, IBU-tec et EAS Batteries. Ce partenariat entre la recherche publique et le secteur privé est essentiel pour accélérer le transfert de cette technologie du laboratoire vers le marché.

    Comme le souligne le Fraunhofer IKTS, l’ambition est de « renforcer l’indépendance vis-à-vis des matières premières critiques, tout en favorisant la transition vers des batteries moins coûteuses, plus durables et plus sûres ». Cette innovation s’inscrit pleinement dans la stratégie européenne visant à bâtir une filière batterie compétitive et souveraine.

  • Ombrières photovoltaïques en Corrèze : un projet pionnier de 3,4 km porté par Solstyce

    Ombrières Photovoltaïques en Corrèze : Un Projet Pionnier de 3,4 km Porté par Solstyce

    Le groupe Solstyce, spécialiste des énergies renouvelables, a été retenu pour réaliser un projet ambitieux d’ombrières photovoltaïques le long de la future déviation sud de Lubersac, en Corrèze. Cette installation, qui s’étendra sur 3,4 kilomètres, représente une avancée majeure dans l’intégration de la production d’énergie solaire aux infrastructures de transport. Prévue pour 2027, elle illustre la volonté des collectivités de conjuguer développement routier et transition énergétique.

    Un projet d’envergure pour la décarbonation des territoires

    Ce projet, porté par le Conseil départemental de la Corrèze, a un double objectif. Premièrement, la déviation routière doit détourner près de 400 poids lourds de transit par jour du centre-bourg de Lubersac, améliorant ainsi la qualité de vie des habitants et la sécurité routière. Deuxièmement, elle intègre dès sa conception une fonction de production d’énergie renouvelable, évitant ainsi l’artificialisation de nouvelles terres.

    Les ombrières supporteront 52 000 m² de panneaux photovoltaïques, pour une puissance installée totale de 11,6 MWc. Cette capacité permettra de produire l’équivalent de la consommation électrique annuelle de plusieurs milliers d’habitants, contribuant significativement aux objectifs de la Stratégie Française pour l’Énergie et le Climat.

    Un modèle économique innovant et vertueux

    L’électricité verte produite sera valorisée via plusieurs canaux, garantissant la rentabilité du projet sur le long terme :

    • Autoconsommation collective : L’énergie sera partagée localement avec des consommateurs à proximité.
    • Contrats de vente directe (PPA) : Une partie de la production pourra être vendue à des acheteurs privés via des Power Purchase Agreements.
    • Tarif d’achat régulé : Un tarif de 97 €/MWh, validé par la CRE, sécurise une partie des revenus.

    Entièrement financé par le Département, l’investissement s’élève à 16,1 millions d’euros. Le retour sur investissement est estimé à 18 ans, sur la base d’un modèle économique projeté sur 40 ans, démontrant la viabilité de ce type d’infrastructure duale.

    Un consortium d’expertises mobilisé

    Solstyce, en tant que mandataire et EPCiste (responsable de l’ingénierie, des approvisionnements et de la construction), pilote un groupement d’entreprises aux compétences complémentaires :

    • Betom Ingénierie – Agence Grand Sud et Cap Terre (Betom Group) pour l’ingénierie structurelle.
    • NGE Routes – Agence Corrèze pour les travaux de génie civil et routiers.
    • Clary² Architecte pour l’intégration paysagère et architecturale.

    Une vision pionnière pour les infrastructures de demain

    Thomas Thurneyssen, directeur de l’Agence Grand-Ouest – Solution Énergie Solaire chez Solstyce, souligne le caractère exemplaire du projet : Ce projet pionnier démontre qu’il est possible de concevoir des infrastructures routières productrices d’énergie renouvelable, sans impact sur leur usage ni sur la sécurité. Porter ce groupement nous permet de fédérer des expertises complémentaires pour répondre à un projet d’envergure et à fort impact environnemental.

    À l’horizon 2027, la mise en service de cette « route solaire » corrézienne marquera une étape concrète vers des infrastructures multifonctionnelles, alliant mobilité et production d’énergie décarbonée. Elle sert de référence pour les futures politiques d’aménagement du territoire intégrant la valorisation des énergies renouvelables.