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Catégorie : Energie solaire

  • VoltR : La rémanufacture de batteries, pilier de l’économie circulaire en France

    VoltR : La rémanufacture de batteries, pilier de l’économie circulaire en France

    VoltR : La Rémanufacture de Batteries, Pilier de l’Économie Circulaire en France

    Face à l’explosion du marché des batteries, la question de leur fin de vie devient cruciale. En France, la startup VoltR s’est positionnée comme un acteur pionnier en créant une filière industrielle dédiée à la rémanufacture des batteries lithium-ion. Fondée en 2022 à Angers, cette entreprise collecte, teste et reassemble des batteries usagées pour leur offrir une seconde vie, principalement dans les secteurs de la mobilité légère et de l’outillage électroportatif.

    Un marché en pleine structuration réglementaire

    Le contexte réglementaire évolue rapidement pour encadrer la fin de vie des batteries. En France, plus de 1,6 milliard de batteries (soit environ 35 000 tonnes) sont mises sur le marché chaque année selon les données du ministère de la Transition écologique. L’extension de la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) aux batteries industrielles et de véhicules électriques, effective depuis août 2025, a changé la donne.

    Désormais, la collecte est centralisée par des éco-organismes agréés comme Batribox. Leurs nouveaux cahiers des charges fixent des objectifs ambitieux de réemploi : 2% des batteries collectées d’ici 2027 et 5% d’ici 2030. Pour Charles Arrighi, directeur collecte et réemploi chez VoltR, cette structuration est encore en cours. L’entreprise doit donc diversifier ses approvisionnements, en travaillant à la fois avec les éco-organismes et directement avec des producteurs et détenteurs de batteries, comme l’opérateur de micro-mobilité Lime.

    Le processus industriel de rémanufacture chez VoltR

    Le cœur de métier de VoltR repose sur un processus en deux étapes clés : la préparation à la réaffectation et la réaffectation elle-même. Son usine pilote à Angers, qui emploie la majorité de ses 35 collaborateurs, traite aujourd’hui trois segments :

    L’électroportatif et les applications professionnelles

    Principalement des batteries au format cylindrique industriel pour l’outillage, les batteries de secours ou les applications médicales.

    La micro-mobilité

    Batteries pour vélos, trottinettes et scooters électriques.

    Le prototypage pour les véhicules électriques et le stockage

    Un axe de développement stratégique pour l’avenir.

    Le processus est désormais industrialisé pour les batteries cylindriques. Après le démantèlement des packs, les cellules sont extraites et soumises à un test rigoureux pour mesurer leur État de Santé (State of Health – SOH). Seules les cellules répondant aux critères stricts de performance et de sécurité sont conservées. Elles sont ensuite réassemblées en nouveaux packs, sur catalogue ou sur mesure, intégrant un nouveau système de gestion de batterie (BMS).

    « Les batteries qui sont remises sur le marché suivent les mêmes niveaux de certification que des batteries neuves », insiste Charles Arrighi. Cette conformité est essentielle pour obtenir le certificat de vente nécessaire. Parmi ses clients, VoltR compte des enseignes comme Leroy Merlin pour l’outillage, des fabricants de vélos électriques ou encore l’entreprise Somfy pour des applications domotiques.

    Chiffres clés et perspectives de croissance

    Depuis son lancement, VoltR a déjà produit plus de 12 000 batteries rémanufacturées. En 2025, son chiffre d’affaires a atteint 600 000 euros. L’objectif pour 2026 est de traiter 50 tonnes de batteries en entrée d’usine, avec une augmentation progressive des volumes en sortie.

    Pour soutenir cette croissance, l’entreprise a bouclé une première levée de fonds de 4 millions d’euros en décembre 2023 et est en cours d’une nouvelle levée. Elle a également acquis un terrain à Durtal, près d’Angers, pour y développer un site industriel de stockage.

    L’avenir : les batteries de véhicules électriques et le stockage stationnaire

    Le véritable gisement d’avenir réside dans les batteries de véhicules électriques (VE) et les systèmes de stockage stationnaire. Pour ces grosses batteries, le traitement s’effectue au niveau du module (un assemblage de cellules) et non de la cellule individuelle. VoltR travaille déjà sur des prototypes de systèmes de stockage stationnaires mobiles, actuellement en phase de test chez des bêta-testeurs.

    L’enjeu est de taille : démontrer la viabilité technique et économique de ces solutions face à la baisse continue du prix des batteries neuves. En parallèle, l’entreprise explore aussi la circularité au sein même du secteur énergétique, en traitant d’anciennes batteries de stockage stationnaire pour les réaffecter.

    En structurant une filière française de réemploi, VoltR ne répond pas seulement à une obligation réglementaire. Elle participe à la sécurisation de l’approvisionnement en matières critiques, réduit l’impact environnemental de la mobilité électrique et contribue à bâtir une industrie plus résiliente et circulaire.

  • PvPilot : Le système de gestion d’énergie intelligent et universel pour l’autoconsommation solaire

    PvPilot : Le système de gestion d’énergie intelligent et universel pour l’autoconsommation solaire






    PvPilot : Le système de gestion d’énergie intelligent et universel pour l’autoconsommation solaire

    Dans un contexte de transition énergétique et d’évolution de la réglementation, la maîtrise de sa consommation électrique devient un enjeu central pour les foyers équipés de panneaux solaires. La solution PvPilot, développée par une société toulousaine, se positionne comme un Energy Management System (EMS) domestique clé en main, conçu pour maximiser l’autoconsommation photovoltaïque grâce à une compatibilité universelle avec les équipements du marché.

    Un contexte réglementaire favorable aux systèmes de gestion d’énergie

    Depuis le 1er octobre 2025, l’accès au taux de TVA réduit à 5,5% pour les installations solaires est soumis à deux conditions : l’utilisation de panneaux bas carbone et l’intégration d’un système de gestion de l’énergie (HEMS). Cette mesure, détaillée par le gouvernement pour encourager une production plus verte et une consommation plus intelligente, a ouvert un marché significatif pour les solutions de pilotage énergétique résidentiel. PvPilot répond précisément à cette exigence, offrant aux installateurs un outil conforme pour leurs clients.

    Comment fonctionne la solution PvPilot ?

    PvPilot se distingue par sa simplicité d’installation et sa puissance d’analyse. La solution se présente sous la forme d’une clé USB à brancher sur un appareil électronique domestique (box, télévision). Elle communique avec des contacteurs relais (comme les modules Shelly) installés dans le tableau électrique. Ce système assure deux fonctions principales :

    • Mesure en temps réel : Il analyse en permanence la production des panneaux solaires et la consommation globale de la maison.
    • Pilotage intelligent : Il orchestre automatiquement les équipements électriques (chauffe-eau, batterie, borne de recharge pour véhicule électrique) en fonction des surplus de production solaire.

    Commercialisée en BtoBtoC au prix de 179 euros HT, elle est destinée aux installateurs photovoltaïques qui peuvent ainsi proposer une offre de valeur ajoutée à leurs clients finaux.

    La force d’une compatibilité universelle et d’un écosystème ouvert

    Contrairement à de nombreux systèmes propriétaires, la grande innovation de PvPilot réside dans son universalité. « Notre plateforme est compatible avec tous les types de matériels (onduleurs, batteries, bornes de recharge) de toutes les marques présentes sur le marché, dans un écosystème totalement ouvert », explique Florian Lizon, CEO de PvPilot. Cette approche libère les installateurs de toute contrainte de marque et permet aux utilisateurs de construire une installation évolutive, indépendante des futurs développements technologiques. Pour en savoir plus sur les standards d’interopérabilité dans la domotique, vous pouvez consulter les ressources de l’association Home Assistant, pionnière en la matière.

    Maximiser l’autoconsommation : un jeu pour l’utilisateur

    L’interface de PvPilot est accessible à la fois à l’installateur pour la configuration et au client final via une application dédiée. Cette transparence des données est un levier puissant pour modifier les comportements. « C’est presque un jeu. Une étude du CNRS démontre que le simple fait de pouvoir visualiser ces données suffit à changer ses habitudes et à augmenter son autoconsommation de 15% », précise Florian Lizon.

    Le système propose deux modes de gestion :

    Mode automatique : L’EMS prend toutes les décisions de pilotage de manière optimisée.

    Mode manuel : L’utilisateur définit lui-même les priorités (par exemple, attribuer 80% du surplus solaire au chauffe-eau).

    L’exemple concret de la pompe de piscine

    Prenons un cas pratique : un surplus solaire de 500 W est insuffisant pour démarrer une pompe de piscine de 1000 W. PvPilot va d’abord diriger ce surplus vers la batterie domestique pendant une heure. Une fois 0,5 kWh stockés, il commande le démarrage de la pompe. Celle-ci est alors alimentée à 50% par le solaire instantané et à 50% par l’énergie stockée. Résultat : la pompe fonctionne à 100% avec de l’énergie solaire, sans aucun prélèvement sur le réseau, même avec une batterie de capacité modeste.

    Un allié naturel pour le stockage et la recharge électrique

    Avec le développement des batteries domestiques et des bornes de recharge pour véhicule électrique, le rôle d’un EMS devient crucial. PvPilot optimise en priorité la charge de la batterie avec les surplus, puis celle du véhicule électrique, garantissant que chaque kilowattheure produit est consommé sur place. Cette optimisation rend l’utilisation de la batterie plus efficiente et prolonge sa durée de vie en évitant les cycles de charge/décharge inutiles. Pour comprendre l’importance de cette gestion intelligente sur le réseau, les rapports de RTE (Réseau de Transport d’Électricité) fournissent des analyses précieuses.

    Conclusion : une solution d’avenir pour la maison connectée et solaire

    Fort de plus de 500 installations déjà en service et avec un objectif de 3000 d’ici fin d’année, PvPilot s’impose comme une référence sur le marché du pilotage énergétique résidentiel. Son modèle ouvert, son prix compétitif et sa capacité à s’adapter à toutes les technologies en font bien plus qu’un simple boîtier : c’est un système évolutif conçu pour accompagner la croissance de la filière solaire et l’empowerment des consommateurs. En permettant aux ménages de visualiser, comprendre et optimiser leur énergie, PvPilot contribue activement à une transition énergétique plus décentralisée et efficace.


  • L’argent métal en 2026 : entre tensions géopolitiques et transition énergétique

    Le marché de l’argent traverse une période de turbulences et de records historiques. Alors que le prix a connu une ascension fulgurante avant une correction significative début 2024, les analystes anticipent une poursuite de la hausse sur le reste de l’année, portée par un déficit structurel de l’offre et une demande industrielle robuste. Cet article décrypte les dynamiques complexes de ce métal précieux, à la fois actif refuge et composant essentiel de la haute technologie.

    Un marché en déficit pour la sixième année consécutive

    Selon le Silver Institute, un groupe de recherche basé à Washington, le marché mondial de l’argent devrait enregistrer son sixième déficit annuel consécutif en 2026. Cela signifie que la demande totale excédera l’offre, un déséquilibre fondamental qui exerce une pression constante à la hausse sur les cours. Ce déficit persiste malgré une baisse anticipée de la demande industrielle, qui devrait reculer d’environ 2% en 2026 pour atteindre un plus bas de quatre ans, autour de 650 millions d’onces.

    Le paradoxe de l’industrie solaire

    Le secteur photovoltaïque, premier consommateur industriel d’argent, est au cœur de cette baisse prévue. Les fabricants de panneaux solaires intensifient leurs efforts de « thrifting » (réduction des quantités utilisées par cellule) et de substitution par d’autres métaux, comme le cuivre. Le World Silver Survey 2025 indique que ces mesures techniques devraient réduire la demande du solaire en 2026, malgré la croissance continue des installations mondiales. Une étude prospective suggère néanmoins que l’industrie photovoltaïque pourrait représenter jusqu’à 40% de la demande mondiale d’argent d’ici 2030, soulignant son importance à long terme.

    La relève portée par l’électronique et l’IA

    La baisse de consommation dans le solaire sera partiellement compensée par une demande croissante dans d’autres secteurs high-tech. L’expansion massive des centres de données, le développement des technologies d’intelligence artificielle (IA) et l’électrification du secteur automobile, où l’argent est indispensable pour les connecteurs et les contacts électriques, soutiennent la demande industrielle. Cette diversification rend le marché moins dépendant d’un seul secteur.

    Analyse des prix : volatilité record et perspectives haussières

    Le prix de l’argent a connu une année 2024 exceptionnellement volatile. Après une hausse d’environ 243% sur un an, il a atteint un pic historique à 121,65 dollars l’once fin janvier 2024, avant une correction brutale en février. Les cours se sont ensuite stabilisés autour de 83 dollars l’once, démontrant une résilience notable.

    Philip Newman, directeur général du cabinet de recherche Metals Focus, analyse ce rebond comme le signe d’un intérêt soutenu des investisseurs. « Le fait que les prix se soient bien redressés après la correction démontre la solidité de l’appétit pour l’argent. Nous nous attendons à ce que les prix se renforcent encore cette année, même avec un niveau élevé de volatilité », a-t-il déclaré. Cette volatilité est alimentée par un cocktail de facteurs : tensions géopolitiques, incertitudes sur les politiques monétaires (notamment celles de la Réserve fédérale américaine), et faiblesse périodique de l’offre physique sur les places de marché comme Londres.

    Les facteurs clés qui soutiennent le marché en 2024-2026

    • Déficit structurel de l’offre : La production minière peine à suivre le rythme de la demande, créant un déséquilibre fondamental.
    • Demande industrielle résiliente : Malgré les économies dans le solaire, les nouveaux débouchés (IA, 5G, véhicules électriques) offrent un socle solide.
    • Contexte macroéconomique et géopolitique : L’argent, comme l’or, bénéficie de son statut de valeur refuge en période d’incertitude et d’inflation.
    • Intérêt des investisseurs : L’attention portée aux métaux précieux, via les ETF physiques ou les pièces, reste forte.

    En conclusion, le marché de l’argent s’apprête à naviguer dans des eaux agitées mais porteuses. La combinaison d’un déficit persistant, d’une demande industrielle en mutation mais robuste, et d’un appétit soutenu des investisseurs, laisse présager une tendance haussière pour les cours à moyen terme, bien que jalonnée d’épisodes de forte volatilité. Les acteurs, des industriels aux investisseurs, devront composer avec cette nouvelle réalité de prix plus élevés et plus instables.

  • Ze energy accélère en allemagne avec deux projets majeurs de stockage par batteries

    Le producteur d’électricité verte ZE Energy renforce significativement sa présence européenne dans le domaine crucial du stockage d’énergie. Lors du salon E-World energy & water à Essen, l’entreprise a officialisé un partenariat stratégique avec le développeur allemand SPP Development. Cet accord porte sur le co-développement de deux centrales de stockage par batteries (BESS) dans le Brandebourg, représentant une puissance cumulée de 145 MW pour une capacité de stockage supérieure à 300 MWh.

    Un partenariat stratégique avec un expert local

    Pour pénétrer le marché allemand, ZE Energy s’est associé à un acteur reconnu. Basée dans le Brandebourg, SPP Development GmbH & Co. KG est un développeur historique des énergies renouvelables en Allemagne. Depuis 2012, la société s’est spécialisée dans les grandes centrales photovoltaïques et a été pionnière dans le financement de projets via des contrats d’achat d’électricité (PPA), avec plus de 850 MW de puissance installée. Son pipeline de projets photovoltaïques hybrides atteint aujourd’hui 5 GW, démontrant son expertise et son ancrage territorial.

    Détails des projets dans le brandebourg

    Les deux projets de batteries, situés sur des sites stratégiques du Brandebourg, seront directement raccordés au réseau haute tension de 110 kV. Conformément à leurs rôles respectifs, SPP Development prendra en charge toutes les phases de développement jusqu’au stade « Ready-to-Build » (prêt à construire). ZE Energy, en tant qu’investisseur et futur exploitant, vise quant à lui une mise en service des installations à l’horizon 2028.

    L’allemagne, un marché clé pour la transition énergétique européenne

    Cette annonce marque une étape décisive dans la stratégie européenne de ZE Energy. Après avoir sécurisé un projet de stockage en Italie dans le cadre de l’appel d’offres MACSE, l’entreprise fait de l’Allemagne une priorité. Ce pays, engagé dans sa « Energiewende » (transition énergétique), représente un marché essentiel pour le déploiement des solutions de stockage. Ces dernières sont indispensables pour stabiliser un réseau électrique intégrant une part croissante d’énergies renouvelables intermittentes, comme l’éolien et le solaire.

    Le rôle crucial du stockage par batteries (bess)

    Les Battery Energy Storage Systems (BESS) sont des infrastructures vitales pour l’avenir du système électrique. Ils permettent de stocker l’énergie excédentaire produite lors des pics de production renouvelable pour la réinjecter sur le réseau lors des pics de consommation. Cette flexibilité améliore la sécurité d’approvisionnement, optimise l’utilisation des infrastructures et facilite l’intégration des énergies vertes. Le développement de ces méga-batteries est donc un enjeu central pour atteindre les objectifs de décarbonation en Europe.

    En s’implantant en Allemagne via ce partenariat, ZE Energy confirme son ambition de devenir un acteur clé du stockage d’énergie sur le continent, contribuant directement à la sécurité et à la résilience des réseaux électriques de demain.

  • Agrivoltaïsme et pomme de terre : entre baisse de rendement et optimisation de l’eau



    L’agrivoltaïsme, pratique qui combine production agricole et production d’électricité solaire sur une même parcelle, suscite un intérêt croissant pour sa promesse de synergie. Une étude italienne récente, publiée dans la revue Applied Energy, s’est penchée sur son impact concret pour une culture majeure : la pomme de terre. Les résultats révèlent un équilibre complexe entre des pertes de rendement et des bénéfices agronomiques inattendus, ouvrant la voie à une gestion plus fine de ces systèmes.

    Une étude de modélisation à haute résolution

    Des chercheurs de l’Université de Florence ont développé un modèle sophistiqué pour évaluer les effets d’une installation agrivoltaïque sur un champ de pommes de terre. Plutôt que de réaliser une campagne de mesures sur site, l’équipe, dirigée par Andrea Ademollo, a opté pour une modélisation géométrique détaillée. Cette approche a permis de simuler l’ombrage porté par les panneaux solaires sur la culture avec une précision spatiale extrême (13 cm x 6,5 cm), et ce toutes les 5 minutes, en s’appuyant sur 18 années de données météorologiques.

    Le système simulé était une centrale de 1 MW surélevée à 3 mètres du sol, occupant 40% de la surface d’une parcelle à Sesto Fiorentino. La cohérence des résultats a été validée en les comparant avec des données expérimentales publiées sur des cultures en conditions d’ombrage similaire sous climat tempéré.

    L’impact de l’ombrage sur le microclimat de la culture

    Le principal effet de la structure photovoltaïque est, sans surprise, la réduction de l’ensoleillement direct. Les simulations indiquent une baisse de l’irradiance pouvant atteindre 55% sous les panneaux. Cette réduction de lumière se traduit directement par une diminution du rendement en tubercules, estimée en moyenne à 15% par rapport à une culture en plein champ.

    Cependant, cet ombrage n’a pas que des effets négatifs. Il modifie profondément le microclimat au niveau du sol et de la plante :

    • Réduction de l’évapotranspiration : Un couvert végétal et un sol moins chauffés diminuent la demande en eau de la culture.
    • Prolongation du cycle végétatif : Le stress hydrique étant retardé, les plantes conservent plus longtemps un bon statut physiologique, ce qui retarde la sénescence et prolonge la période d’accumulation de biomasse.
    • Amélioration de l’efficience de l’utilisation de l’eau (WUE) : La plante produit plus de matière sèche par unité d’eau consommée.

    Un compromis entre énergie, agriculture et économie

    L’analyse économique intégrée de l’étude met en lumière la viabilité relative des différents scénarios. Le Coût Actualisé de l’Énergie (LCOE) de l’installation agrivoltaïque s’élève à 0,084 €/kWh, contre 0,061 €/kWh pour une centrale photovoltaïque au sol classique sur le même terrain. L’écart s’explique par les coûts de structure plus élevés des systèmes surélevés.

    La rentabilité du projet agrivoltaïque est fortement tributaire du taux d’autoconsommation de l’électricité produite. Sur des terres agricoles déjà exploitées, le système présente un taux de rentabilité interne (TRI) de 13% (retour sur investissement en 10 ans), contre 21% (retour en 6 ans) pour le solaire au sol. La valorisation de la production agricole atténue donc l’écart de rentabilité avec le photovoltaïque conventionnel.

    Malgré la baisse de rendement agricole, l’étude calcule un Coefficient d’Équivalence des Terres (Land Equivalent Ratio – LER) de 1,58. Cette valeur supérieure à 1 démontre que la production combinée (énergie + agriculture) sur une même surface est plus efficace que si les deux activités étaient séparées, confirmant l’intérêt fondamental de l’agrivoltaïsme pour l’optimisation de l’usage des sols.

    Perspectives et recherches futures

    Les auteurs soulignent que leurs travaux ouvrent des pistes pour optimiser la conception des systèmes. Un ombrage modéré et stratégique, notamment en début de saison, pourrait maximiser les bénéfices hydriques tout en minimisant les pertes de rendement. Ils préconisent que les recherches futures intègrent des modèles de micrométéorologie pour mieux prédire les variations de température de l’air et du sol sous les panneaux, des paramètres clés pour affiner les prévisions de croissance.

    Cette étude, en quantifiant finement les trade-offs, contribue à une vision plus nuancée de l’agrivoltaïsme. Elle montre qu’au-delà de la simple coexistence, il s’agit de concevoir des systèmes qui créent des conditions agro-climatiques nouvelles, pouvant apporter des solutions dans un contexte de stress hydrique accru. Pour en savoir plus sur les politiques et les avancées de l’agrivoltaïsme en Europe, vous pouvez consulter les ressources du Directoire Général de l’Énergie de la Commission Européenne.


  • Appels d’offres solaires 2026 : Lancement imminent pour 2,9 GWc annuels

    Appels d’offres solaires 2026 : Lancement imminent pour 2,9 GWc annuels

    Le gouvernement français franchit une étape cruciale pour sa transition énergétique. Roland Lescure, ministre délégué à l’Industrie et à l’Énergie, a confirmé la publication imminente des cahiers des charges des prochains appels d’offres solaires. Cette annonce, attendue par toute la filière, concrétise les objectifs ambitieux de la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) et vise à installer un rythme soutenu de 2,9 gigawatts-crête (GWc) par an à partir de 2026.

    Les détails de l’annonce ministérielle

    Lors d’une conférence de presse, le ministre Roland Lescure a précisé le calendrier et les volumes : « Nous allons lancer dès la semaine prochaine un appel d’offre avec un volume cible de 2,9 GW en 2026 et un appel d’offre “PV Grands bâtiments” de 300 MW publié au Journal officiel de l’Union européenne. Cela correspond à 3 GW de nouvelles capacités. » Cette feuille de route confirme la volonté de l’État d’accélérer le déploiement du photovoltaïque pour atteindre entre 55 et 80 GW de puissance installée d’ici 2035, un niveau essentiel pour répondre à la croissance de la demande, notamment celle des data centers.

    Le cadre défini par la PPE et le décret du 13 février 2026

    Cette programmation s’inscrit dans le cadre juridique fixé par le décret publié au Journal officiel le 13 février 2026. Ce texte encadre le rythme d’attribution des soutiens publics à l’éolien terrestre et au photovoltaïque jusqu’au 31 décembre 2028. Il reprend l’objectif de 2,9 GWc annuels pour la période 2026-2028, assurant une continuité avec la PPE précédente.

    Analyse de la filière solaire

    Le syndicat des professionnels de l’énergie solaire, Enerplan, salue cette visibilité. Il analyse que cette programmation correspondrait à un volume annuel total d’environ 3,6 GWc, se décomposant en 2,9 GWc attribués via appels d’offres et 0,7 GWc soutenus en guichet ouvert. Ce plafond clair permet aux développeurs, investisseurs et industriels de planifier leurs projets et leurs investissements sur le moyen terme, renforçant la stabilité du secteur.

    Les autres dispositions et perspectives

    Le décret prévoit également d’importantes mesures de suivi et d’adaptation. Un rapport sur l’évolution de la consommation électrique et du développement des moyens de production décarbonée devra être publié d’ici fin 2026. De plus, une clause de revoyure est actée, permettant une révision simplifiée de la PPE fin 2027 si les circonstances l’exigent. Cette flexibilité est cruciale pour s’adapter aux évolutions technologiques et aux impératifs du réseau électrique.

    Conclusion : Une ambition solaire réaffirmée

    La publication imminente de ces appels d’offres marque un signal fort envoyé à la filière solaire française. En programmant un rythme annuel de 2,9 GWc, le gouvernement réaffirme son ambition de faire du photovoltaïque un pilier de son mix électrique décarboné. Cette stabilité réglementaire et cette vision à long terme sont des conditions indispensables pour atteindre les objectifs de la Stratégie Française sur l’Énergie et le Climat et réussir la transition énergétique.

  • Un milliard d’euros pour le solaire : le partenariat stratégique entre apex énergies et le crédit agricole

    Le producteur indépendant d’énergies renouvelables Apex Énergies et le Groupe Crédit Agricole viennent de sceller un partenariat financier majeur. Avec un investissement cible de 975 millions d’euros, cette alliance vise à accélérer massivement le déploiement de centrales photovoltaïques et de solutions de stockage sur l’ensemble du territoire français d’ici 2030.

    Les chiffres clés d’un investissement historique

    Ce partenariat, annoncé en décembre 2023, se structure autour d’une prise de participation à hauteur de 49% du Crédit Agricole dans une holding dédiée d’Apex Énergies. L’objectif est clair : développer, construire et exploiter jusqu’à 725 MWc de nouvelles capacités renouvelables. Pour donner l’échelle, cette puissance représente l’équivalent de la consommation électrique annuelle de plusieurs centaines de milliers de foyers.

    • Montant de l’investissement : 975 millions d’euros.
    • Capacité visée d’ici 2030 : 725 MWc (Mégawatt-crête).
    • Nombre de projets : 1 977 installations photovoltaïques et de stockage.
    • Première phase intégrée : 827 actifs opérationnels, représentant déjà 253 MWc.

    Un modèle de financement innovant et réplicable

    Ce montage financier est pionnier par son ampleur et sa structure. Piloté par la Caisse Régionale du Crédit Agricole du Languedoc, il a mobilisé pas moins de onze caisses régionales du groupe bancaire. Chacune est associée à une région d’implantation des projets d’Apex Énergies, assurant ainsi un ancrage territorial fort et une répartition des risques.

    Ce modèle « réplicable » est conçu pour absorber progressivement de nouveaux actifs. Il s’inscrit dans la continuité d’une relation de confiance historique entre les deux groupes, le Crédit Agricole ayant déjà été actionnaire d’Apex Énergies par le passé.

    Les ambitions d’apex énergies soutenues par ce partenariat

    Fondé en 1991 à Montpellier, Apex Énergies est un acteur historique du solaire français, avec plus de 3 000 sites sécurisés pour une puissance de 750 MWc. Ce nouveau financement lui donne les moyens de ses ambitions. « Ce financement donnera à Apex les moyens de concrétiser ses ambitions », a déclaré Paul-Emile Chauvin, Directeur du Financement d’Apex Énergies. L’objectif est de renforcer significativement son portefeuille d’actifs en exploitation et de contribuer activement aux objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) française.

    Un coup d’accélérateur pour la transition énergétique française

    Ce partenariat intervient à un moment crucial pour la filière des énergies renouvelables en France. Il démontre la maturité du secteur et la confiance des grands acteurs financiers dans la rentabilité et la pérennité des projets solaires couplés au stockage. Le déploiement de près de 2 000 installations réparties sur tout le territoire contribuera directement à la diversification du mix électrique, à la sécurité d’approvisionnement et à la réduction des émissions de CO2, en phase avec les engagements nationaux et européens pour le climat.

  • Solar rooftop 500 : 500 MWc de solaire pour les entreprises marocaines d’ici 2030

    Le Maroc accélère sa transition énergétique avec un programme ambitieux dédié aux entreprises. Lancé officiellement en février 2024, le projet Solar Rooftop 500 (SR500) vise à équiper les toits des industries et du secteur tertiaire avec 500 mégawatts-crête (MWc) de panneaux solaires photovoltaïques d’ici l’horizon 2030. Cette initiative concrète, issue de la coopération internationale, marque une étape clé dans la décarbonation de l’économie marocaine et l’accès à une énergie compétitive.

    Un projet pionnier issu de la coopération climatique Maroc-Suisse

    Solar Rooftop 500 n’est pas un programme ordinaire. Il est le premier projet opérationnel au Maroc autorisé dans le cadre de l’Article 6.2 de l’Accord de Paris. Ce mécanisme, élaboré lors des négociations climatiques de l’ONU, permet à deux pays de coopérer pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Concrètement, la Suisse et le Maroc collaborent via un transfert de crédits carbone internationaux (ITMOs), dans un cadre rigoureux garantissant l’intégrité environnementale et évitant toute double comptabilisation des réductions d’émissions. Ce projet illustre comment les engagements internationaux, pris lors de forums comme la COP27, se traduisent par des actions sur le terrain.

    Comment fonctionne le programme SR500 ?

    Le programme cible spécifiquement les entreprises marocaines pour des installations d’autoconsommation solaire. Son cahier des charges est précis :

    • Puissance : Les projets éligibles doivent avoir une puissance maximale de 3 MWc par site.
    • Nouveauté : Seules les nouvelles installations photovoltaïques sont acceptées.
    • Financement : Les projets ne doivent bénéficier d’aucune subvention publique marocaine.
    • Vente de surplus : L’électricité excédentaire ne peut pas être vendue, favorisant une logique d’optimisation de la consommation sur site.

    Les entreprises peuvent choisir d’installer des systèmes avec ou sans batterie de stockage, en fonction de leurs besoins en flexibilité énergétique.

    Le moteur financier : la valorisation des crédits carbone

    L’innovation majeure de SR500 réside dans son modèle économique, qui repose sur la monétisation des réductions d’émissions de CO₂. Un processus strict de Mesure, Rapport et Vérification (MRV) est mis en place pour quantifier avec précision les émissions évitées grâce à l’énergie solaire produite. Après validation par un vérificateur indépendant, ces réductions sont converties en crédits carbone.

    L’incitation financière pour l’entreprise est directe :

    • 60% du montant estimé des crédits carbone est versé après l’installation des panneaux, aidant au financement du projet.
    • Les 40% restants sont payés annuellement, sur la base des performances réelles de l’installation, créant un revenu récurrent.

    Quels impacts pour le Maroc et ses entreprises ?

    Le déploiement de 500 MWc en toiture représente une capacité significative, comparable à celle d’une grande centrale solaire au sol. Les bénéfices sont multiples :

    • Pour les entreprises : Réduction de la facture électrique, sécurisation de l’approvisionnement en énergie, amélioration de la compétitivité et contribution à leur stratégie RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises).
    • Pour le réseau national : Une production d’électricité décentralisée qui réduit la pression sur le réseau et limite les pertes en ligne.
    • Pour la transition énergétique : Une contribution directe aux objectifs nationaux de mix énergétique, qui visent à porter la part des énergies renouvelables à plus de 52% d’ici 2030, comme le détaille la stratégie énergétique du Ministère de l’Énergie, des Mines et de l’Environnement.

    Piloté par Africa Climate Solutions en partenariat avec le Cluster Énergies Renouvelables (Cluster ENR), SR500 est un catalyseur qui pourrait inspirer d’autres projets similaires sur le continent africain, en montrant la voie d’une coopération climatique fructueuse et opérationnelle.

  • Prosolia Energy lève 380 millions d’euros pour accélérer son développement mondial dans les énergies renouvelables

    Prosolia Energy, un producteur indépendant d’électricité (IPP) de premier plan, vient de finaliser une levée de fonds majeure de 380 millions d’euros. Cette opération financière vise à accélérer la mise en œuvre de sa feuille de route stratégique et le déploiement de son portefeuille international d’actifs renouvelables, incluant des projets solaires, éoliens et de stockage d’énergie par batteries (BESS).

    Une levée de fonds structurée en trois opérations majeures

    Le financement global de 380 millions d’euros se compose de trois transactions distinctes, chacune destinée à soutenir un pan spécifique de la croissance de l’entreprise. Cette approche démontre la confiance des institutions financières dans le modèle de développement et la solidité des projets de Prosolia Energy.

    Une facilité warehouse de 150 millions d’euros pour le développement de projets

    La première tranche, une facilité de financement dite « warehouse » de 150 millions d’euros, a été accordée par un consortium de banques comprenant ABN AMRO, SMBC et Santander. Cette ligne de crédit est conçue pour financer le développement et la construction d’environ 600 MW de nouvelles capacités renouvelables. Ces projets, qui intègrent différentes technologies dont le stockage, seront déployés dans sept pays européens, renforçant la présence internationale de l’énergéticien.

    94 millions d’euros pour l’autoconsommation industrielle avec Goldman Sachs

    Parallèlement, Prosolia Energy a sécurisé 94 millions d’euros auprès de Goldman Sachs, agissant comme unique souscripteur. Ce financement est dédié au portefeuille d’autoconsommation industrielle de l’entreprise. Il soutient des projets développés, construits et exploités par Prosolia, parmi lesquels figure l’un des plus grands parcs de parking photovoltaïque hybrides en France. Ces installations permettent aux sites industriels de produire et de consommer leur propre électricité verte, réduisant leur empreinte carbone et leur facture énergétique.

    Financement senior de 135 millions d’euros pour des actifs opérationnels en Espagne

    Enfin, la troisième opération consiste en un financement senior de près de 135 millions d’euros, arrangé par SMBC. Cette somme est directement liée à l’acquisition récente, auprès du groupe EDP, d’un portefeuille de 229 MW de projets renouvelables déjà en opération en Espagne. Cette acquisition stratégique procure à Prosolia Energy des revenus réguliers immédiats et consolide sa position sur un marché européen clé pour les énergies renouvelables.

    Les implications pour la transition énergétique en Europe

    Cette levée de fonds record intervient dans un contexte de forte accélération de la transition énergétique en Europe, stimulée par des plans comme le Pacte Vert pour l’Europe. Elle permet à Prosolia Energy de passer à la vitesse supérieure dans le déploiement de ses infrastructures. Le soutien à des technologies complémentaires comme le solaire, l’éolien et le stockage par batteries est essentiel pour créer un système électrique décarboné, flexible et résilient, capable de gérer l’intermittence des énergies renouvelables.

    En finançant à la fois le développement de nouveaux projets, l’autoconsommation pour l’industrie et l’acquisition d’actifs opérationnels, Prosolia Energy démontre une stratégie globale et diversifiée. Cette approche positionne l’entreprise comme un acteur intégré majeur, capable de contribuer significativement aux objectifs de sécurité énergétique et de neutralité carbone du continent.