PV Solaire Énergie

Catégorie : Actualités de l’industrie solaire photovoltaïque

  • Crédit agricole et jpee lancent une co-entreprise pour accélérer l’agrivoltaïsme en france



    Dans une démarche stratégique pour concilier production agricole et énergie verte, JP Energie Environnement (JPee) et Crédit Agricole Transitions & Énergies officialisent la création d’une co-entreprise dédiée au développement de projets agrivoltaïques. Cette alliance entre un producteur indépendant d’énergies renouvelables et la filiale du groupe bancaire vise à offrir un accompagnement global aux agriculteurs français, de l’étude à l’exploitation de leurs installations.

    Une plateforme commune pour soutenir la transition agro-énergétique

    Cette nouvelle structure, détenue à parts égales par les deux partenaires, a pour mission de simplifier et d’accélérer la réalisation de projets agrivoltaïques. Son objectif est double : préserver la viabilité économique des exploitations agricoles tout en développant une production d’énergie renouvelable locale. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de soutien à la transition écologique du secteur agricole, un enjeu clé pour l’avenir.

    Pour en savoir plus sur les politiques de soutien aux énergies renouvelables, vous pouvez consulter le site du l’Agence de la Transition Écologique (ADEME).

    Les rôles complémentaires des deux partenaires

    Le succès de cette plateforme repose sur l’expertise distincte et complémentaire de chaque acteur :

    • Crédit Agricole Transitions & Énergies mobilise le réseau étendu des Caisses régionales du Crédit Agricole. Ce maillage territorial unique permet un accompagnement de proximité pour les agriculteurs, notamment sur le volet financier, l’ingénierie de projet et le conseil.
    • JP Energie Environnement (JPee) prend en charge le pilotage opérationnel des projets. Son rôle couvre l’ensemble de la chaîne de valeur : développement, construction, exploitation et maintenance des installations agrivoltaïques.

    Des premiers projets concrets dans le grand est

    La co-entreprise ne part pas de zéro et dispose déjà d’un pipeline de projets actifs, démontrant la maturité de l’offre :

    • Un projet en alsace (22 hectares) : Sur une pâture bovine, le développement pourrait aboutir à une centrale de 16 MW. Ce projet contribuerait également à faciliter l’installation d’une jeune agricultrice, illustrant la dimension de transmission des exploitations.
    • Un projet dans le bas-rhin (15 hectares) : Il concerne l’équipement d’une pâture ovine avec une puissance installée estimée à 10 MW.

    Ces premiers chantiers servent de modèles pour le déploiement à plus grande échelle de la solution.

    Une ambition nationale à horizon 2030

    La plateforme commune affiche une vision à long terme. Son objectif est de constituer, d’ici 2030, un portefeuille de projets représentant une capacité totale de 450 mégawatts (MW) d’électricité renouvelable en développement. Cette ambition positionne l’alliance comme un acteur majeur du paysage agrivoltaïque français, contribuant significativement aux objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE).

    L’agrivoltaïsme, un atout pour l’agriculture de demain

    L’agrivoltaïsme, qui consiste à installer des panneaux photovoltaïques sur des terres agricoles tout en maintenant une activité de production, est perçu comme une solution gagnant-gagnant. Il permet aux agriculteurs de sécuriser un revenu complémentaire grâce à la location de leurs terrains, de protéger certaines cultures des aléas climatiques extrêmes, et de participer activement à la production d’énergie décarbonée. Cette synergie entre le monde agricole et le secteur de l’énergie est essentielle pour une transition écologique juste et efficace.

    Pour approfondir les bénéfices et les pratiques de l’agrivoltaïsme, le Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement (INRAE) mène d’importants travaux de recherche sur le sujet.


  • Maud Brégeon : parcours et missions de la nouvelle ministre déléguée à l’énergie

    Maud Brégeon : parcours et missions de la nouvelle ministre déléguée à l’énergie

    Le gouvernement français a récemment accueilli une nouvelle figure clé pour piloter sa politique énergétique. Maud Brégeon a été nommée ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement et chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Cette nomination marque un tournant important, plaçant une ingénieure expérimentée du secteur à la tête d’un portefeuille stratégique pour la transition écologique et la souveraineté de la France.

    Un parcours académique tourné vers l’ingénierie

    Née le 11 février 1991 à Poitiers, Maud Brégeon a suivi un parcours académique d’excellence dans le domaine scientifique. Elle est diplômée de l’École polytechnique universitaire de Nantes, où elle a obtenu un diplôme d’ingénieur. Cette formation solide lui a fourni les bases techniques essentielles pour appréhender les enjeux complexes des systèmes énergétiques, une compétence précieuse dans le contexte actuel de transition.

    Une expertise forgée chez EDF

    Avant son engagement en politique, Maud Brégeon a bâti une carrière significative dans le secteur de l’énergie. Elle a rejoint le groupe EDF en 2014, y travaillant jusqu’en 2022. Pendant près de huit ans, elle a évolué au cœur de la filière énergétique de l’entreprise. Son expérience couvre des domaines techniques cruciaux tels que la gestion de crise, la maintenance des infrastructures et la gestion de grands contrats. Cette immersion dans le monde industriel lui a permis de comprendre les réalités opérationnelles et les défis de la production et de la distribution d’électricité en France.

    Les défis de la filière énergétique française

    Son passage chez EDF lui a donné une vision concrète des enjeux auxquels fait face le secteur, notamment le renouvellement du parc nucléaire historique, le développement des énergies renouvelables et l’adaptation des réseaux. Cette expertise terrain est un atout majeur pour piloter la politique énergétique nationale, qui doit concilier sécurité d’approvisionnement, décarbonation et maîtrise des coûts pour les consommateurs et les entreprises.

    L’engagement politique et l’accession au gouvernement

    Maud Brégeon a opéré une transition vers la vie politique en 2016 en rejoignant le mouvement La République en Marche, devenu depuis Renaissance. Son ancrage local s’est concrétisé par son élection en tant que députée de la treizième circonscription des Hauts-de-Seine en 2022. Au Palais Bourbon, elle a pu approfondir les arcanes législatifs et les débats de politique publique.

    Sa carrière politique a connu une accélération notable avec sa nomination en tant que porte-parole du gouvernement, un rôle qu’elle assume depuis 2025. La charge récente de ministre déléguée à l’Énergie, placée auprès du ministre Roland Lescure, couronne ce parcours. Elle cumule désormais cette fonction stratégique avec son rôle de porte-parole, ce qui lui confère une position centrale pour expliquer et défendre les orientations énergétiques du gouvernement.

    Les priorités de la ministre déléguée à l’énergie

    Dans un contexte de crise géopolitique affectant les marchés de l’énergie et d’urgence climatique, les missions de Maud Brégeon sont multiples. Elles s’inscrivent dans la feuille de route définie par le gouvernement, qui vise notamment à :

    • Accélérer le développement des énergies renouvelables (éolien, solaire, hydrogène vert).
    • Piloter le grand programme de construction de nouveaux réacteurs nucléaires (EPR2) pour assurer la souveraineté électrique.
    • Travailler à la maîtrise de la consommation d’énergie et à la rénovation des bâtiments.
    • Préparer la France aux enjeux de la décarbonation de l’industrie et des transports.

    Sa double casquette d’ingénieure et de politique sera déterminante pour traduire les objectifs ambitieux de la transition écologique en actions concrètes et réalisables, en dialogue avec les industriels, les collectivités et les citoyens.

  • La PPE 2024 et l’avenir du solaire en France : analyse et perspectives

    La PPE 2024 et l’avenir du solaire en France : analyse et perspectives

    La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) 2024-2033 a été publiée au Journal Officiel le 13 février 2024. Ce texte cadre, attendu de longue date, définit la stratégie énergétique de la France pour la décennie à venir. Si sa publication est un signal positif pour la filière des énergies renouvelables, son contenu, jugé peu ambitieux pour le solaire photovoltaïque, suscite des interrogations. Nous décryptons les enjeux avec les analyses de Daniel Bour, président d’Enerplan, le syndicat des professionnels de l’énergie solaire.

    Une publication attendue mais des ambitions revues à la baisse

    La publication de la PPE3 met fin à une longue période d’incertitude. Pour Daniel Bour, c’est une « excellente nouvelle » qui permet de « rassurer le secteur ». Cependant, la déception est palpable concernant les objectifs chiffrés. Le texte acte un objectif de 48 gigawatts (GW) de puissance solaire installée d’ici à 2030, en nette régression par rapport aux 54 GW envisagés en début de discussions. Cette baisse de 1,5 GW par an en moyenne aura un impact significatif sur le rythme des installations et la dynamique industrielle.

    Cette programmation intervient dans un contexte politique tendu, où les débats sur l’énergie restent, selon le président d’Enerplan, « hautement politisés ». La clause de revoyure prévue en 2027, année d’élection présidentielle, ajoute une couche d’incertitude sur la pérennité de cette feuille de route. Pour suivre l’évolution des politiques énergétiques en Europe, vous pouvez consulter les publications de l’Agence Internationale pour les Énergies Renouvelables (IRENA).

    Les urgences pour la filière solaire française

    Au-delà du cadre général, la filière attend désormais des actes concrets pour se développer.

    Relancer les appels d’offres et clarifier le calendrier

    La priorité immédiate est la relance effective et pérenne des appels d’offres (AO). Un premier AO pour les installations sur bâtiments a été relancé avec une date de dépôt fixée à mi-avril 2024. La filière demande maintenant un calendrier précis et des volumes clairs pour les prochains appels d’offres (AO Sol, multi-technologies, simplifié). Cette visibilité est cruciale pour permettre aux industriels de planifier leurs investissements et leurs projets.

    Intégrer le stockage dans la stratégie nationale

    L’un des grands absents de la PPE 2024 est le stockage d’énergie, et notamment les batteries. Daniel Bour déplore cette omission, estimant qu’aujourd’hui, le stockage se fait « sous le manteau », alors qu’un « plan stockage » national est indispensable. Le développement du solaire fait baisser le « prix capté » de l’électricité, ce qui représente un coût pour l’État. Sans déploiement massif de solutions de stockage pour lisser la production, cette situation risque de se dégrader. Enerplan a d’ailleurs missionné le cabinet Clean Horizon pour une étude sur l’impact du stockage sur le marché.

    Simplifier les procédures et fluidifier le raccordement

    La filière réclame plus de transparence et de simplification administrative. Plusieurs dossiers techniques critiques doivent être clarifiés : les procédures de contractualisation, les dates de mise en service, le traitement des projets en file d’attente et, surtout, les problèmes de raccordement au réseau électrique. L’enjeu est d’assurer « une insertion optimale sur le réseau des nouvelles capacités ». La gestion du volume croissant de projets en autoconsommation, qui ne passent pas par des appels d’offres, nécessite également une vision claire.

    La clause de 2027 : une menace ou une opportunité ?

    La possibilité de réviser la PPE en 2027 inquiète certains acteurs, qui craignent un frein aux investissements à long terme. Daniel Bour relativise : les investisseurs ont déjà intégré le calendrier électoral. Pour lui, la question fondamentale est ailleurs : « Croyons-nous ou pas dans l’accélération de l’électrification des usages ? ».

    Le développement de la mobilité électrique, l’accueil des data centers et des infrastructures liées à l’intelligence artificielle vont drastiquement augmenter la demande en électricité bas carbone. La France dispose d’un mix nucléaire et renouvelable solide pour répondre à ce défi. Si la demande est réévaluée à la hausse, la clause de 2027 pourrait devenir un tremplin pour rehausser les objectifs en énergies renouvelables, faisant du solaire un levier crucial pour l’indépendance énergétique. Le rapport 2023 de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) souligne d’ailleurs le rôle central du solaire dans la transition énergétique mondiale.

    Un impact immédiat sur l’emploi et la dynamique de filière

    Alors que la PPE évoque la création de milliers d’emplois, la réalité terrain est contrastée. La réduction des objectifs et le climat d’incertitude pèsent sur le moral des entreprises. Daniel Bour constate « un grand attentisme » et des « recrutements en roue libre ». La filière solaire française, selon lui, « va perdre des emplois à court terme », mais probablement moins que si la PPE n’avait pas été publiée du tout. La relance des appels d’offres et la clarification du cadre réglementaire seront déterminantes pour inverser cette tendance et créer les emplois non-délocalisables promis par la transition énergétique.

  • La filière photovoltaïque française se mobilise à grenoble pour une europe souveraine

    La filière photovoltaïque française se mobilise à grenoble pour une europe souveraine

    Alors que l’Europe accélère sa transition énergétique, sa dépendance aux importations de panneaux solaires constitue un point de vulnérabilité stratégique. Pour y répondre, les principaux acteurs industriels et de la recherche se réunissent à Grenoble. Cet événement majeur vise à construire les fondations d’une filière photovoltaïque européenne compétitive, innovante et souveraine.

    Un rendez-vous stratégique pour l’industrie solaire européenne

    La « Journée Filière Industrielle Solaire Photovoltaïque », tenue le 5 mars à Grenoble, représente un temps fort pour l’écosystème solaire français et européen. Co-organisée par des leaders comme le CEA, INES-Technologies, Capenergies, Tenerrdis, HoloSolis et Carbon, cette seconde édition fait suite à un premier succès en 2024. Elle intervient à un moment crucial, alors que la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) fixe des objectifs ambitieux de réindustrialisation et que le concept de « Made in Europe » gagne du terrain face à la domination asiatique.

    Les objectifs clés de la journée

    • Faire un état des lieux des projets de gigafactories en France et en Europe.
    • Identifier les leviers politiques et réglementaires pour soutenir la compétitivité de la filière.
    • Présenter les innovations de rupture et les programmes de R&D en cours.
    • Aborder les défis de la fin de vie : recyclage et écoconception des modules photovoltaïques.

    Pourquoi une souveraineté photovoltaïque est-elle indispensable ?

    Aujourd’hui, plus de 90% des panneaux solaires installés en Europe sont importés, principalement de Chine. Cette dépendance pose des risques sur la sécurité d’approvisionnement, le contrôle des coûts et la traçabilité environnementale. Développer une capacité de production locale est donc un enjeu de résilience économique, de création d’emplois et de contrôle de l’empreinte carbone de la transition énergétique. Comme le souligne l’Agence Internationale pour les Énergies Renouvelables (IRENA), la diversification des chaînes d’approvisionnement est essentielle pour une transition stable.

    La vision des leaders industriels

    Pour Nicolas Chandellier, CEO de Carbon, cet événement est « essentiel pour garantir l’alignement de tous les acteurs afin d’accélérer ensemble le développement d’une industrie souveraine ». Bertrand Lecacheux, CEO d’HoloSolis, y voit un signe que « cette thématique est devenue incontournable » pour travailler à la renaissance de l’industrie photovoltaïque.

    Au cœur de l’innovation : le programme de la journée

    La journée a été structurée pour couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à l’intégration au réseau.

    Conférences et tables rondes

    Après une introduction sur le contexte européen par Gaëtan Masson du Becquerel Institute, les sessions ont mis en lumière :

    • Les producteurs français comme Voltec et Heliup.
    • Les projets de gigafactories portés par Carbon, HoloSolis et 3SUN.
    • La construction d’un écosystème industriel avec des équipementiers.

    Des tables rondes, animées par Capenergies et Tenerrdis, ont abordé les enjeux réglementaires avec la DGE, le SER et Enerplan, ainsi que l’intégration marché avec des énergéticiens majeurs.

    La recherche et l’économie circulaire à l’honneur

    La clôture de l’événement s’est concentrée sur l’avenir : les avancées en R&D soutenues par l’ADEME, le CEA et l’IPVF, et les solutions pionnières pour le recyclage et l’écoconception portées par des acteurs comme SOREN et Rosi.

    Grenoble, un écosystème d’excellence au service de la transition

    Le choix de Grenoble n’est pas un hasard. La région Auvergne-Rhône-Alpes concentre un pôle d’excellence unique en Europe autour de l’innovation énergétique, avec le CEA et l’INES (Institut National de l’Énergie Solaire). Comme l’explique David Duca, Chef du Département des Technologies Solaires du CEA : « Depuis 20 ans, le CEA et ses équipes sur le site de l’INES (…) opèrent des transferts technologiques réussis vers l’industrie européenne et impulsent des projets innovants ». Cet écosystème est un atout décisif pour faire émerger une filière industrielle compétitive.

    La mobilisation à Grenoble démontre une dynamique puissante. En fédérant la recherche, l’industrie et les pouvoirs publics, la filière photovoltaïque française trace la voie d’une souveraineté énergétique et industrielle européenne, indispensable pour réussir la transition écologique dans la durée.

  • L’Espagne bat son record d’installations renouvelables en 2025, portée par le solaire photovoltaïque

    L’année 2025 marque un tournant historique pour la transition énergétique espagnole. Selon les données provisoires compilées par la Fondation Opina 360 à partir des statistiques de Red Eléctrica de España (REE), le pays a enregistré la plus forte croissance annuelle de sa puissance renouvelable, avec une augmentation de 11,1 gigawatts (GW). Cette expansion colossale, équivalant à une progression de 12% en un an, permet à l’Espagne de franchir le cap symbolique des 100 GW de capacité renouvelable installée.

    Le photovoltaïque, moteur incontesté de la croissance

    Sur les 11,1 GW de nouvelles capacités vertes installées en 2025, une écrasante majorité provient du solaire photovoltaïque. Cette technologie a à elle seule ajouté 10 GW, soit une croissance spectaculaire de 25,2% sur un an. Cette performance porte la capacité photovoltaïque cumulée du pays à 49,6 GW, consolidant sa position de première technologie renouvelable en puissance installée, devant l’éolien.

    Le quatrième trimestre a été particulièrement dynamique, avec l’ajout de 2 556 MW de solaire, illustrant l’accélération constante du rythme des installations. Cette explosion s’explique par la compétitivité des coûts, des cadres réglementaires favorables et l’essor de l’autoconsommation, désormais intégrée dans les statistiques officielles de REE.

    Un mix électrique national dominé par les renouvelables

    Fin décembre 2025, la puissance totale du parc électrique espagnol s’élevait à 147,1 GW. Les énergies renouvelables représentent désormais 70,4% de cette capacité, avec un total de 103,6 GW. Cette part prépondérante confirme la transformation structurelle du système électrique.

    L’éolien, deuxième pilier du mix, a progressé de 1,1 GW pour atteindre 33,2 GW. Parallèlement, les technologies non renouvelables (nucléaire, gaz, charbon, cogénération) continuent leur déclin, perdant 323 MW de capacité sur l’année, principalement en raison de la réduction de la cogénération.

    Répartition géographique des installations

    La croissance n’est pas uniforme sur le territoire. Cinq communautés autonomes concentrent 72% de la puissance renouvelable installée :

    • Castille-et-León
    • Andalousie
    • Castille-La Manche
    • Estrémadure
    • Aragon

    En termes de densité (MW/km²), l’Estrémadure, la Galice et la Région de Murcie arrivent en tête, bénéficiant d’un fort ensoleillement et de vastes territoires propices aux grands parcs.

    Production électrique : un record historique malgré un paradoxe

    En termes de production effective, l’année 2025 a également établi un record. La production renouvelable conventionnelle (hors autoconsommation) a atteint 150 902 GWh, en hausse de 1,2% par rapport à 2024.

    • Éolien : Première source du système avec 58 739 GWh (21,6% du total), malgré une baisse de production due à une ressource en vent moins favorable.
    • Photovoltaïque : A connu la plus forte hausse (+12,5%), produisant un record de 50 164 GWh et confirmant son rôle central.
    • Autres : L’hydroélectricité a légèrement reculé, tandis que le solaire thermique a diminué de 10,8%.

    Cependant, un paradoxe émerge. La production des centrales à gaz (cycles combinés) a bondi de 27,9%, servant de technologie d’appoint pour garantir la stabilité du réseau. En conséquence, bien que la capacité renouvelable ait explosé, sa part dans le mix de production annuel a légèrement baissé à 55,5% (contre 56,9% en 2024), selon l’analyse de la Fondation Opina 360. Cela met en lumière le défi du « découplage » entre capacité installée et production effective, influencée par les aléas météorologiques et les besoins de flexibilité du système.

    Perspectives et défis pour l’avenir énergétique de l’Espagne

    Les chiffres de 2025 démontrent l’ambition et la capacité de l’Espagne à déployer massivement les énergies renouvelables, la plaçant en leader européen. L’objectif est de poursuivre sur cette lancée pour atteindre les cibles du Plan National Intégré Énergie-Climat (PNIEC) 2021-2030.

    Les défis principaux identifiés sont :

    1. L’intégration au réseau et la flexibilité : Gérer l’intermittence du solaire et de l’éolien grâce au stockage, à l’hydrogène vert et à une gestion de la demande plus intelligente.
    2. L’optimisation du mix : Équilibrer la croissance du photovoltaïque avec le développement d’autres technologies complémentaires pour assurer une production stable.
    3. L’acceptation sociale et territoriale : Concilier le déploiement des grands projets avec la protection du paysage et le développement local.

    En conclusion, l’année 2025 restera comme une année record pour les installations renouvelables en Espagne, avec le solaire photovoltaïque en fer de lance. La route vers un système électrique totalement décarboné est tracée, mais elle nécessitera de relever le défi de l’adéquation entre une capacité installée croissante et une production garantie, pour sécuriser la transition énergétique.

  • Solarsecure vision : la passerelle qui sécurise les onduleurs photovoltaïques contre les cyberattaques



    La cybersécurité des installations photovoltaïques devient un enjeu critique pour la stabilité des réseaux électriques. En réponse à cette menace, la start-up allemande Solarsecure Tech a développé une solution innovante : la passerelle SolarSecure Vision. Ce dispositif a pour objectif principal de protéger les onduleurs contre les commandes de contrôle à distance non autorisées, tout en assurant leur conformité aux réglementations en vigueur.

    Comment fonctionne la passerelle de sécurité solaire ?

    La passerelle SolarSecure Vision s’installe physiquement au point de raccordement au compteur électrique, créant ainsi une barrière de sécurité entre l’onduleur photovoltaïque et le cloud du fabricant. Son rôle est d’interrompre la communication directe et potentiellement vulnérable pour la filtrer et la sécuriser.

    Le système analyse en temps réel toutes les commandes de contrôle entrantes destinées à l’onduleur. Grâce à des algorithmes avancés, il ne transmet que les signaux qui peuvent être authentifiés de manière cryptographique ou qui sont préalablement classés comme sûrs. Toute instruction dont la provenance ou l’intégrité ne peut être vérifiée est automatiquement bloquée. Cette approche permet de neutraliser les tentatives de prise de contrôle malveillante, un risque de plus en plus pris au sérieux par les autorités énergétiques, comme le souligne l’Office fédéral allemand de la sécurité des technologies de l’information (BSI).

    Garantir la conformité sans compromettre la sécurité

    Un défi majeur est de concilier sécurité renforcée et obligations légales. Les gestionnaires de réseau doivent parfois intervenir à distance, par exemple pour réduire temporairement la puissance injectée sur le réseau (une mesure prévue par l’article 9 de la loi allemande sur les énergies renouvelables, EEG).

    La passerelle SolarSecure Vision intègre cette nécessité opérationnelle. Les signaux légitimes émis par les gestionnaires de réseau sont transmis via un canal sécurisé distinct, garantissant à la fois la stabilité du réseau et l’intégrité de l’installation. Ainsi, l’opérateur bénéficie d’une plus grande indépendance vis-à-vis des plateformes cloud des fabricants tout en restant parfaitement conforme.

    Une détection étendue avec le module anti-drones

    Pour offrir une protection physique et cybernétique complète, Solarsecure Tech propose en option un module de détection de drones. Ce dernier est capable de capter les signatures radioélectriques des drones volant à proximité de l’installation.

    Ces données sont ensuite intégrées dans une plateforme de « fusion multidimensionnelle de capteurs ». En corrélant une activité réseau suspecte sur l’infrastructure technologique (OT) avec la présence d’un drone, le système peut automatiquement déclencher des contre-mesures. Il peut par exemple activer un mode de sécurité renforcé, restreindre certaines communications ou envoyer une alerte immédiate aux opérateurs, créant ainsi un bouclier de sécurité holistique.

    État du projet et compatibilité

    Actuellement en phase d’essaimage, Solarsecure Tech prépare ses premiers projets pilotes (Proof of Concept). La start-up vise les certifications de l’Office fédéral allemand pour la sécurité de l’information (BSI) et de l’Association allemande des industries électriques, électroniques et des technologies de l’information (VDE), un gage de sérieux pour son déploiement sur le marché.

    Conçu pour être indépendant du matériel, le système est compatible avec la majorité des onduleurs du marché. Son installation et sa gestion sont destinées aux ingénieurs de centrales photovoltaïques et aux gestionnaires de réseau, facilitant ainsi son intégration dans les infrastructures existantes.


  • Jinkosolar établit un record mondial avec une cellule solaire topcon à 26,66%

    Le géant photovoltaïque JinkoSolar a annoncé une avancée majeure pour l’industrie solaire. Son dernier développement, une cellule solaire de type TOPCon fabriquée sur un wafer de taille industrielle M10, a atteint un rendement de conversion de 26,66%. Ce résultat, certifié par un institut indépendant en Chine, constitue un nouveau record mondial pour des cellules solaires TOPCon produites à l’échelle industrielle.

    Une performance certifiée et une collaboration scientifique d’excellence

    Cette performance remarquable n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’une collaboration étroite entre les équipes de JinkoSolar et des chercheurs de premier plan, notamment ceux de l’Institut de technologie et d’ingénierie des matériaux de Ningbo (NIMTE) de l’Académie chinoise des sciences, ainsi que des universités Soochow et Jiliang. Leurs travaux, détaillés dans la prestigieuse revue Nature Energy, décrivent les innovations clés ayant permis cette prouesse.

    Les innovations techniques derrière le record

    L’équipe a travaillé sur un wafer M10 standard d’une surface de 313,3 cm², prouvant que cette efficacité est atteignable avec les procédés industriels actuels. Les améliorations portent sur les deux faces de la cellule :

    • Face avant : Combinaison d’émetteurs au bore à haute résistance et de grilles optimisées. Cette architecture améliore la passivation de surface et réduit les pertes liées au transport des porteurs de charge.
    • Face arrière : Mise en œuvre d’une nouvelle structure à double couche « oxyde tunnel / polysilicium ». Cette conception ingénieuse, avec une couche barrière externe, empêche la diffusion des métaux des électrodes (comme l’argent) dans le silicium, préservant ainsi les propriétés du matériau et garantissant une excellente passivation.

    Des caractéristiques électriques impressionnantes

    Testée dans des conditions standard, la cellule a affiché des paramètres exceptionnels :

    • Rendement de conversion (η) : 26,66 %
    • Tension en circuit ouvert (Voc) : 744,6 mV
    • Facteur de forme (FF) : 85,57 %
    • Taux de bifacialité : 88,3 %

    L’amincissement de la couche de polysilicium à l’arrière est responsable du taux de bifacialité élevé, permettant à la cellule de capter davantage de lumière réfléchie et d’augmenter la production d’énergie globale sur site. Comme l’a souligné le professeur Jichun Ye, auteur principal de l’étude, ce dispositif atteint 83,8% de la limite théorique de rendement, surpassant ainsi les architectures TOPCon conventionnelles.

    La feuille de route ambitieuse de jinkosolar vers l’efficacité ultime

    Ce record industriel s’inscrit dans une stratégie de R&D agressive. JinkoSolar détient déjà le record en laboratoire pour une cellule TOPCon, avec un rendement de 27,02% certifié par le National Photovoltaic Industry Measurement and Testing Center (NPVM). L’entreprise ne compte pas s’arrêter là. Dans un livre blanc récent, elle a annoncé viser un rendement de conversion dépassant les 28% d’ici 2028.

    Parallèlement, les innovations au niveau cellulaire se traduisent déjà en performances module. JinkoSolar a récemment fait certifier par TÜV SÜD un module TOPCon affichant un rendement de 25,58%, démontrant sa capacité à transposer ses avancées technologiques vers des produits commerciaux à haute performance.

    Quel impact pour le marché du solaire ?

    Ces progrès constants sont cruciaux pour la transition énergétique mondiale. Des cellules plus efficaces signifient une production d’électricité plus importante par mètre carré de panneau, réduisant ainsi les coûts nivelés de l’énergie (LCOE), l’empreinte au sol des centrales et l’utilisation des matières premières. La technologie TOPCon, avec ses records à répétition, se positionne comme l’une des filières les plus prometteuses pour succéder au PERC et dominer le marché dans les années à venir.

  • Le centre national de tir de Châteauroux accueille un projet solaire de 29 mwc

    Le centre national de tir de Châteauroux accueille un projet solaire de 29 mwc

    Un partenariat stratégique vient d’être scellé entre la Fédération Française de Tir (FFTir), la SEM AREC Centre-Val de Loire et le producteur indépendant CVE pour développer un vaste projet d’énergie solaire sur le site du Centre National de Tir Sportif (CNTS) à Châteauroux, dans l’Indre. Ce projet, d’une puissance totale de 29 MWc, illustre la convergence entre le sport de haut niveau et la transition énergétique.

    Un projet mixte combinant parc au sol et ombrières

    Le projet, actuellement en phase d’études et de démarches administratives, prévoit l’aménagement de près de 19 hectares sur la commune de Déols. Il se compose de deux volets principaux :

    • Un parc photovoltaïque au sol d’une puissance de 25,3 MWc.
    • Treize ombrières de parking d’une puissance cumulée de 3,7 MWc (11 de 3,3 MWc + 2 de 300 kWc).

    L’électricité produite par la majorité des installations sera injectée sur le réseau public. Les deux ombrières de 300 kWc seront quant à elles dédiées à l’autoconsommation du CNTS, couvrant environ un tiers de ses besoins annuels en électricité verte. Le projet inclut également l’installation de 15 bornes de recharge pour véhicules électriques (IRVE).

    Des retombées environnementales et sociales significatives

    À pleine capacité, ces installations produiront l’équivalent de la consommation électrique annuelle de plus de 14 000 habitants, permettant d’éviter l’émission d’environ 330 tonnes de CO₂ chaque année. Au-delà de la production d’énergie renouvelable, le projet intègre une forte dimension sociale et territoriale.

    Un chantier à vocation d’insertion et de financement participatif

    Piloté par CVE, le chantier s’engagera à accueillir et accompagner des personnes éloignées de l’emploi sur le territoire de l’Indre. Par ailleurs, un volet de financement participatif sera ouvert aux licenciés de la FFTir et aux habitants de la région, afin de renforcer l’ancrage local et la participation citoyenne.

    Préservation de l’environnement et dépollution du site

    Une attention particulière sera portée à la biodiversité, avec la conservation des plans d’eau existants et un suivi écologique tout au long du projet. Étant situé sur une ancienne base aérienne militaire, le site fera d’abord l’objet d’une opération de dépollution pyrotechnique, garantissant la sécurité des travaux et la réhabilitation du foncier.

    Un calendrier étalé jusqu’en 2031

    Le permis de construire devrait être déposé courant 2025. Les mises en service sont prévues de manière échelonnée : les ombrières de parking et les bornes de recharge pourraient être opérationnelles dès 2028, tandis que le parc photovoltaïque au sol, de plus grande envergure, est attendu pour 2031. Ce projet s’inscrit dans la durée et répond aux objectifs de sobriété énergétique du monde sportif, notamment dans le sillage du Plan de sobriété énergétique du sport et du Décret tertiaire.

  • Hausse des prix des panneaux solaires en 2025 : analyse des causes et perspectives

    Hausse des prix des panneaux solaires en 2025 : analyse des causes et perspectives

    Le marché photovoltaïque mondial connaît un tournant significatif début 2025. Contrairement aux prévisions, les prix des modules solaires ont enregistré une hausse généralisée et plus marquée que prévu au mois de février, atteignant en moyenne 0,15 € par watt. Cette augmentation, située entre 15% et 18% au-dessus des plus bas historiques de décembre 2024, intervient dans un contexte paradoxal de baisse des coûts de certaines matières premières. Cet article décrypte les mécanismes de cette inversion de tendance, ses implications pour les différents segments du marché et les facteurs d’incertitude qui pèsent sur l’avenir de la filière.

    Une hausse des prix généralisée et inattendue

    En février 2025, la majorité des catégories de modules photovoltaïques ont vu leur prix croître d’environ 0,01 €/W. Le prix moyen constaté se situe désormais autour de 0,15 €/W. Une disparité est notable entre les segments : les modules destinés aux installations résidentielles sur toiture ont subi des hausses plus prononcées que ceux dédiés aux grands projets solaires au sol. Cette dynamique ascendante a propulsé les prix au-delà des niveaux de janvier, les éloignant significativement du plancher atteint à la fin de l’année 2024. Pour suivre l’évolution des prix des composants solaires, des organisations comme l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) fournissent des analyses régulières sur les marchés de l’énergie.

    Les véritables moteurs de l’augmentation

    Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette flambée des prix n’est pas attribuable à un renchérissement des matières premières. En réalité, les coûts des wafers (tranches de silicium) ont de nouveau baissé sur la période, et le prix de l’argent, utilisé dans les cellules, se normalise. Le principal facteur explicatif réside dans la stratégie volontariste des fabricants pour restaurer leurs marges bénéficiaires après une longue période de compression, voire de pertes. Les méthodes varient : certains acteurs appliquent des augmentations progressives, tandis que d’autres optent pour des hausses ponctuelles de 20 à 30%.

    Une approche différenciée selon les marchés

    Les fabricants exposés au segment des grandes centrales solaires font preuve d’une plus grande prudence. L’économie de ces projets, très sensible au coût des équipements, ne tolère pas de fortes augmentations sous peine de voir les décisions d’investissement reportées. À l’inverse, sur le marché résidentiel et commercial, les hausses de prix des modules tendent à réduire les marges des installateurs, mais ont un impact moins direct et immédiat sur la demande des particuliers. Néanmoins, dans un contexte de demande globale atone, une contraction supplémentaire du marché reste possible.

    L’ombre de l’incertitude politique et réglementaire

    Au-delà des dynamiques de marché, l’environnement politique constitue un facteur d’incertitude majeur pour la filière solaire.

    Les changements de cap aux États-Unis et en Europe

    Aux États-Unis, les annonces de l’administration Trump concernant un réajustement des priorités fédérales en matière de politique climatique créent un flou autour du soutien futur aux énergies renouvelables. En parallèle, en Allemagne, pilote européen de la transition énergétique, le projet de « paquet réseau » du gouvernement suscite des inquiétudes. Les industriels et les associations environnementales craignent que ces nouvelles règles n’entraînent des retards dans le développement des réseaux électriques et l’intégration des énergies vertes, comme le détaille le ministère fédéral de l’Économie et de l’Action climatique.

    Adaptation et mobilisation de la filière solaire

    Le secteur entre dans une phase d’ajustement après des années de croissance rapide. La défense des cadres réglementaires favorables devient un enjeu central. Les associations professionnelles préparent des réponses politiques et n’excluent pas des recours en justice pour protéger les acquis. La mobilisation citoyenne et industrielle se manifeste également, comme en témoignent les actions symboliques en Allemagne, où des équipements renouvelables mis au rebut ont été exposés devant le ministère pour réclamer un soutien stable à la transition.

    Malgré ces défis, la croissance des installations se poursuit, portée par la compétitivité de l’énergie solaire. L’intérêt pour les solutions de couplage, comme le stockage par batterie et les technologies vehicle-to-grid (V2G), reste fort. Selon les experts, une action coordonnée entre industriels, décideurs politiques et investisseurs sera cruciale pour maintenir les objectifs de déploiement et assurer la stabilité des investissements à long terme dans les énergies renouvelables. Pour des données techniques et des prévisions sur l’intégration des énergies renouvelables, le rapport annuel de l’Agence Internationale pour les Énergies Renouvelables (IRENA) est une référence.

    À propos de l’auteur

    Martin Schachinger est un expert du secteur photovoltaïque avec 30 ans d’expérience. Diplômé en génie électrique, il a fondé en 2004 la société et la plateforme en ligne pvXchange.com, spécialisée dans le commerce de composants photovoltaïques pour les professionnels.